La nouvelle


À Guy de Maupassant

   Prisonnier d'un désir inassouvi, d'un désir qui se lovait en moi, serpent venimeux, foudroyant poison. Edith se dérobait sans cesse.
   Liliane était si jolie. Elle dressait et desservait la table avec une perfection irréprochable. Presque austère, sa mise stricte laissait néanmoins deviner des formes parfaites, protégées par une tenue impeccable de gouvernante zélée. Précise pour chaque tâche imposée, elle les acquittait sans jamais rechigner, ni poser de niaises questions. Ses lettres de recommandation étaient impressionnantes et inspiraient le respect.
   L'automne s'achevait, avec des matinées et des soirées plus fraîches, des aubes et des crépuscules plus précoces. Liliane avait pris ses fonctions à la fin de l'été et je fus à la peine de lui préciser son emploi du temps.
   Elle me frôlait parfois et dégageait un parfum, une senteur si subtile. Pourtant, jamais un geste n'évoquait un quelconque calcul de séduction féminine.
   L'entretien du jardin me permettait de distraire des obsessions prégnantes.
   Bientôt, les premières feuilles mortes vinrent occuper mes pensées. Elles filaient sous la brise de la mélancolie de la précédente saison, celle la plus éphémère de l'existence : l'été.
   Ces petites mains mortes et brunâtres, qui voletaient sur l'herbe d'un gazon peigné à ma demande et qui craquaient sous les chaussures dans les allées de notre propriété. Je détournais mes promenades quotidiennes afin de les écraser, de les pulvériser. Je mesurais le grotesque de mes agissements, mais il en était ainsi.
   Ces feuilles m'appartenaient puisqu'elles provenaient de mes arbres. Monstres séculaires, rescapés d'une forêt détruite, je les admirais dès le lever des jours printaniers pour leur majestueuse prestance. J'aimais leurs frondaisons d'un vert puissant et détestais les teintes annonciatrices d'un hiver dévastateur.
   Inaccessibles sous la douceur de l'été, les frondaisons frémissaient sous les premiers frimas et je redoutais la future rupture des tiges, vidées de leur substance.
   Les écrasant sous mon talon, j'éprouvais une certaine jouissance.
   Elles m'appartenaient…
   Edith aussi. Courtisée jadis, puis cueillie le soir même de la bénédiction à l'église. Edith qui promettait, hélas décevante et déjà fanée. Que s'imaginait-elle, cette pauvre ingénue, dotée par sa famille ? Mes assauts l'épouvantèrent dès la fameuse nuit de noces.
   Incapable de me donner une progéniture, elle n'eût de cesse de se dérober à mes désirs d'homme viril et conquérant.
   Notre vieux médecin de famille me conseilla la patience, mais hélas très rapidement, elle ne représenta qu'un morceau de pierre.

   La possession représentait l'apogée de ma lumière et mon imagination s'enflammait devant l'âtre, avant de gagner la chambre conjugale. Rétive, elle se débattait, m'émoustillait davantage dans ses refus répétés. Et je finis par me lasser de posséder une femme frigide.
   Dès lors, son existence se résuma à son piano, à ses livres, son ouvrage au crochet, l'ordonnancement des tâches quotidiennes.
   Nous croisâmes nos existences sans jamais nous trouver. À son grand soulagement, et notre maison le permettant, je fis lit à part et si, par mégarde, je m'aventurais –avec des intentions précises– sur ses terres, je devenais la seule note discordante, incongrue, qui violentait l'univers secret au sein duquel elle évoluait. Un monde d'actes et d'objets, sans fantaisie aucune.
   Au terme d'une soirée passée en ville, au cabaret, entre hommes, une envie irrésistible allumée par l'alcool décida d'une intrusion en son royaume. Elle lut dans mes yeux et se précipita vers son cabinet de toilette pour s'y enfermer. Plus rapide, je la saisis et la projetai sur son lit… notre lit conjugal.
   Incapable de la moindre érection, j'abandonnai l'étreinte inutile et de rage brisai une boîte à musique qu'elle adorait. Ses yeux exprimèrent alors le reflet d'un si terrible désastre que je battis honteusement en retraite.

   Assis sur un banc situé en un endroit reculé de l'immense jardin, je contemplai les feuilles mortes qui virevoltaient au gré d'un vent soudain. Elles m'entouraient, comme les sujets obséquieux d'un pontife.
   Roi des feuilles mortes ! Cette pensée me fit esquisser un sourire amer. J'apercevais notre vaste demeure cossue, là-haut, en partie dissimulée par les arbres majestueux. Edith devait être dans ses appartements, lisant ou cousant.
   Peste de femme que je ne savais comprendre !
   Amputées, les mains des arbres couraient tout autour de moi ; petits pages obséquieux, m’escortant vers un rendez-vous imprévu.
   J’étais loin des croisées de notre demeure, au-delà desquelles Edith –reine des formes inanimées– devait caresser avec amour la reliure d’un livre ancien, rare.
   Peste de femme que je ne savais comprendre.
   Peste de femme qui, de par ses refus constants, m'entraînait à fouler les décombres de mon existence terrestre.
   Ouaté par des obsessions, mon cerveau se refusait à une réflexion saine et pragmatique, raisonnable.
   Un étrange sentiment, que j'analyserais plutôt de malaise, harcelait mon être
   Une feuille morte vint s'accrocher à mon habit, à la hauteur du cœur. Présage ?
   Un cœur usé par de longues et épuisantes imaginations solitaires.
   Et là, d'une haie voisine, comme si un enchanteur pervers tirait les ficelles de ma destinée, un visage féminin apparut.
   En chasseur à l'affût, je quittai mon banc, m'approchai.

   Elle se promenait sans me voir. D'une pelouse humide de pluie se détachait la silhouette de Liliane. Elle gagna un banc sur lequel elle prit place, étira son corps, dévoila ses longues jambes fuselées.
   Je l'épiai. Encore une fois, sa mise stricte jetait mes phantasmes en vrac dans le chaudron du diable. Cette sensation d'être invisible accentua mon désir de la posséder, là, sur-le-champ. Tel le chat obnubilé par une proie soudaine, ma bouche s'emplit d'une salive épaisse. Je n'avais pas prémédité une pareille rencontre. La morosité me quitta, se mua en une captivante aventure.
   Mais comment faire ? Engoncé dans le carcan de ses principes moraux, céderait-elle à mes avances ? Et mon forfait accompli, si elle menaçait de se plaindre à Edith de ma déplorable conduite ?
   Je balayais ces allégations. Après tout, je pourrai la congédier. Fort de ce raisonnement à l'emporte-pièce, je me fis connaître.
   Tandis que mon épouse devait serrer des bibelots fragiles dans une vitrine, où ranger méticuleusement dans les rayonnages d'une bibliothèque des reliures de livres écrits par des dévots de jadis, mes doigts palpaient des trésors plus vivaces, des rondeurs insoupçonnées.
   Tétanisée par ces assauts sans sommation, elle protesta vainement, m'intima de me calmer. Cette réserve était toutefois stratégique, afin de ne pas être considérée comme une femme habituée aux ébats ancillaires.
   Des propos lénifiants chuchotés à son oreille durent la convaincre. Etendue sur l'herbe, elle protesta contre l'humidité ambiante, puis se résigna à subir, ses dessous aux chevilles, mes volontés.
   — Monsieur, si Madame nous voyait…
   Cette éventualité fut pour moi le comble de la cocasserie. Je n'étais plus, le feu aux tempes, capable de la moindre prudence. Edith nous surprenant, vautrés dans l'herbe, en la plus éloquente des positions. Je mordillai bouche, nez, oreilles, lui arrachant de petits cris de souris, puis dégageait un sein superbe tout en grognant :
   — Il n'y a personne. Madame ne se promène jamais ici. Trop souffreteuse pour marcher si longtemps.
   J'escomptai remporter tous les suffrages, lorsque les pupilles de Liliane se dilatèrent. Parvenant à extraire sa main droite de mon pantalon, elle indiqua la cause de cette brusque stupeur.
   D'un bloc, je me tournai, redoutant un intrus.
   À quelques mètres de la pelouse, un chien errant, affreux, noir et galeux. Haut et maigre sur ses pattes, il semblait s'instruire du spectacle dont nous étions -Liliane et moi- les protagonistes pour le moins intimes.
   — Veux-tu filer !
   Quêtant une pierre pour l'effrayer, je ne frôlai que des feuilles mortes. Paisible, candide voyeur, il finit par se poser sur son derrière, sourd à mes invectives, et découvrit une langue rouge et une dentition pointue. Il nous avait adoptés.
   Liliane remonta ses dessous. Je voulus porter une nouvelle fois la main sur elle, mais des forces indicibles se liguèrent, des forces qui émanaient de ce chien, j'en jurerai !
   Pourtant, l'indifférence stupide des bons gros yeux marron aurait dû nous faire éclater de rire. Assurément, nous manquâmes d'humour, la conscience agitée par une faute difficilement avouable en confession.
   Un trou dans une haie en bordure de la propriété, qui donnait sur un chemin désert, s'empara du pelage sombre, à notre grand soulagement.
   Époussetant sa mise, Liliane se hâta, sans un mot, vers notre demeure. Demeuré seul, des images gaillardes se dispersèrent parmi les feuilles mortes soulevées par des bourrasques qui risquaient fort d'annoncer une averse. Sur ma faim, la vision de ce bâtard inconnu meubla ce qui subsistait d'une fade journée, désormais plus grise d'une occasion manquée.


*


   Les feuilles mortes formaient une sorte d'emplâtre compacte. Le jardinier disposait cette bouillie autour des végétaux fragiles, afin de les protéger des frimas de l'hiver à venir.
   Désinvolte, je lui proposai un cigare. Il huma en connaisseur avant de l'enfouir au plus profond d'une poche de sa vareuse.
   Mon récit de chien errant ne capta guère son attention. Poliment, il m'écouta puis hocha la tête.
   Évidemment, il ne fut pas question dans mes faits relatés des circonstances précises de cette intrusion canine dans ma propriété. Difficile d'évoquer la présence de la gouvernante sans se fourvoyer.
   Surpris par l'inhabituelle futilité de mes propos, le paysan madré se décida enfin à parler :
   —Vous savez, Monsieur, des chiens errants, il y en a au village. Le curé leur donne parfois à manger. Des ouailles pas bien exigeantes. Pour eux, des abats et du gras vaut mieux qu'un sermon de messe.
   Il essuya ses grosses mains terreuses sur son habit de travail avant de poursuivre :
   —Mais un grand chien noir, cela véhicule trop souvent le Malin. Et le curé ne transige pas avec les suppôts du démon. Il prend un bâton, et vlan ! Je sais, c'est idiot. De pauvres bêtes rejetées de partout, mais dernièrement je n'ai rien vu de tel dans les parages. Je vais surveiller, qu'il ne revienne pas vous importuner.
   Il me fixa bizarrement, comme s'il savait que mon histoire n'était pas complète. Comme s'il devinait que je lui cachais quelque chose. M'avait-il aperçu avec Liliane ?

*


   Quelques jours plus tard, je vécus un curieux revirement : mon épouse si réservée, si prude, si casanière, se promenait à mon bras.
   Troublé de sa compagnie, je ressentais un indicible malaise. J'étais comme malheureux. Une phobie me paralysa lorsqu'elle m'entraîna sur la pelouse lointaine, là où se tenait un banc isolé. Là même où j'avais commis ce forfait si délicieux.
   Son corps palpitait contre moi. Je n'en revenais pas, j'avais une femme amoureuse contre moi. Elle tremblait de désir, haletait. D'une voix méconnaissable, après un rapide coup d'œil alentours, elle me pria d'accomplir au plus vite mon devoir d'époux.
   Maladroit, mes mains caressèrent les seins pointus et menus, mais rien ne se passa, j'étais penaud et mou comme une vieille chique.
   Alors qu'elle se refusait ou se donnait sous la contrainte semaine après semaine, je ne pus, ce jour étrange, l'honorer comme il se doit.
   Étonnée par mon manque d'empressement, elle me tapota le visage, comme à un enfant trop timide, apeuré par une situation inconnue.
   Une bouffée de chaleur empourpra mes traits. Les allées fraîchement peignées, les pelouses tondues et débarrassées des feuilles d'automne, tout cela exprimait l'ordre, trop d'ordre… Je défaillis.
   — Mon ami, qu’avez-vous ?
   — Rien… Enfin, presque rien.
   Cramoisi, me détournant, je cherchai des éléments déclencheurs en imaginant le corps de Liliane. Mon esprit grattait les recoins de mes phantasmes afin d'éveiller mes désirs. Mais hélas, seuls deux bons gros yeux s'obstinaient à ma mémoire. Des yeux de la même teinte que les feuilles d'automne, marron. Des yeux qui, après enquête, n'appartenaient pas même à un bâtard de la région.
   Edith pouffait d'un rire moqueur. Juste revanche. Elle vint aux nouvelles, palpa mon entrejambe et s'amusa de ma mollesse.
   — Vous appelez cela rien ? Mais mon ami, vous devriez consulter notre bon docteur. À votre âge, ce genre de mésaventure n'est pas normal. Savez-vous que depuis hier, je me sens différente, plus légère ? Figurez-vous que j'inventoriais, pour le plaisir, une collection d'ouvrages précieux. Collection située, vous ne l'ignorez pas, non loin de la porte-fenêtre du petit salon, lui-même attenant à votre cabinet de travail. Leste, une créature sauta. J'allais pousser un cri. Ce n'était qu'un gros chien noir. Un chien étrange, qui paraissait vouloir me dire quelque chose. Ses bons gros yeux expressifs semblèrent me supplier. J'ai cru qu'il avait faim. Mais en fait, il s'agissait d'autre chose d'indéfinissable. Je suis absolument certaine d'être là maintenant, alors que d'habitude c'est mon heure de clavecin, de par sa volonté. Je sais que cela doit vous paraître ahurissant… Mais qu'avez-vous ? Auriez-vous trop mangé ? Une indigestion vous guette ?
   Je m'efforçai de ne point bégayer :
   — Cet animal, Edith… Cet animal. Comment a-t-il pu s'introduire ici ?
   — Demandez-lui, il est justement derrière vous.

   Médusé je me retournai. J'eus à peine le temps d'apercevoir les bons gros yeux larmoyants qui nous observaient. Il se sauva et disparut par un trou dans la haie voisine.
   — Quel curieux animal ! s’exclama-t-elle. Nous devrions l’adopter. Ce serait un peu notre enfant.
   Intriguée par un objet, elle écarta l'herbe de son pied, se baissa et me présenta un bouton.
   — Pas à moi. À Liliane probablement.
   Je revécus ce moment d'égarement avec la gouvernante.
   — C'est une chance pour elle. C'est tellement dommage d'être obligée de changer tous les boutons, ou de remplacer celui manquant par un autre modèle de grosseur identique. Désirez-vous le lui rendre, mon ami ? Je préfère, ayant peu de sympathie pour cette personne.
   Je gardai un silence prudent. Elle m'exaspéra par ce que je considérasse comme une insinuation.
   — C'est un bouton de corsage. Cela ne vous inspire-t-il pas ?
   Elle fit rouler l'objet rond au bout de ses doigts.
   — Non, ma chère, je suis désolé.
   — Pas tant que moi. Je retourne à mon solfège… plus captivant.
   Elle me prit la main et déposa dans la paume sa découverte avant de remonter d'un pas alerte vers notre demeure.
   Solitaire, rongé par des sentiments chaotiques, je voulus me livrer à quelques tentatives qui s'avérèrent infructueuses. J'étais totalement impuissant.
   De l'autre côté de la haie, j'étais persuadé que deux bons gros yeux m'épiaient, sans malice.

*

   Semblable aux figurines fragiles de nos vitrines, Edith s'est brisée d'un coup. Le docteur diagnostiqua un transport au cerveau. Je n'eus pas le courage de feindre un grand chagrin.
   Le bouton du corsage de Liliane était toujours, comme un trophée, au fond de l'une de mes poches.
   Pour quelques temps, les vêtements sombres du deuil s'imposèrent.
   Le corps souple de Liliane n'avait plus la saveur de l'herbe mouillée. Elle m'appartenait chaque nuit dans un lit conjugal autrefois déserté. Les pièces vides retentirent dans la nuit de ses orgasmes répétés.

*

   Le drame me dévasta. J'étais ailleurs, avec les métayers de nos fermages. Je fus prévenu par le jardinier, suivi d'un groupe hétéroclite de curieux.
   Les objets chéris par Edith étaient brisés. Les sèvres, les reliures éparpillées aux quatre coins du grand salon.
   La gorge béante, Liliale gisait sur un tapis maculé de boue, souillé d'herbes mouillées et de feuilles mortes. Des fauteuils renversés portaient des stigmates occasionnés par un fauve. Une érection de la nature plus qu'un crime de déséquilibré.
   Le plus impressionnant demeurait la blessure infligée. J'échangeai un regard avec notre jardinier et ses propos me revinrent en mémoire : « pour eux, un morceau de viande vaut mieux qu'un sermon. »
   Infortunée Liliane.

*

   Le temps des premiers froids contraignit les paysans à commenter, au coin de l'âtre, le meurtre inexplicable de ma gouvernante. D'inutiles battues furent organisées. Le signalement d'un grand chien bâtard fut noté avec soin par les autorités. Il fallait bien un coupable.
   Seulement cet animal ne se mouvait que dans trois univers : celui de Liliane, de mon épouse et le mien. Point de jonction de notre ennui, de nos désirs, de notre rancœur.
   Etait-ce lui qui avait tranché la mince gorge de Liliane ? Edith était-elle morte aussi de l'avoir trop sollicité dans ses rêves de détraquée ? À quelle distraction étions-nous conviés, distraction qui méprisait la barrière du tangible ?
   Assis sur son derrière, non loin de la haie trouée, il remuait la queue en m'apercevant. Me reprochait-il mon infidélité ou n'était-il qu'intrigué par nos ébats ?
   Étais-je dément au point de donner à cet animal des dons surnaturels ? N'était-il qu'un chien errant, présent par hasard ?
   Ses bons gros yeux pourraient-ils dénoncer un crime de rôdeurs, un meurtre horrible ? Témoin muet, curieux de la fureur des hommes.

*

   Non rien ne me ferait changer d'avis. Certes, mon cœur chavira lorsque je l'aperçus, immobile, d'une confondante placidité.
   J'ai braqué mon fusil, il n'a pas bronché. Sa langue rouge pendait et laissait échapper un peu de bave. Ses dents pointues étaient bien incapables de déchirer une gorge d'une oreille à l'autre.
   Son entendement de chien moyen, je m'en moquais. Il devait sortir de mon cauchemar éveillé.
   Les bons gros yeux marron qui ne m'appartenaient pas furent déchiquetés d'une multitude de grains de chevrotine. Il n'observera plus jamais rien. Et surtout pas ma mort.
   
   J'ai acheté un grand collier de cuir avec une médaille. J'ai adopté mon existence.



FIN


© Dominique Blattlin. Reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur. Première publication : Parle-nous de demain n°2, 1974. Texte revu et corrigé par l'auteur.

 
 

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06/07/2018