Biographie

JPP

   Bien commencer sa vie...

   En 1951, année de ma naissance, s'incarnèrent en France quelques 830.000 nouvelles petites âmes qui ignoraient alors tout de la Science-Fiction. Malgré moi, j'en étais et j'ai appris plus tard – bien plus tard – que Serge Brussolo en était lui aussi. Comme rien n'existe sans rien dans l'univers, la collection « Anticipation » du Fleuve Noir naquit elle aussi cette année-là, et, pour faire bonne mesure, le magazine « Fiction » a suivi. Tout était en quelque sorte réuni pour une future vie pleine de rêves et de spéculation…
   J'ai vécu une enfance solitaire dans un petit village de la banlieue Ouest de Paris, à quelques kilomètres de Versailles, entre les champs, les prés et la grande forêt de Marly-le-Roi. Mes parents étaient de modestes ouvriers qui se crevaient le cul pour élever leurs enfants. C'était l'époque du baby boom. Toute la famille dormait par terre sur des matelas gonflables ; on se lavait le cul dans l'évier, on allait faire ses besoins dans un trou creusé dans le fond du jardin. Une fois par semaine, on se rendait aux douches municipales avec sa serviette et son savon. Mon père travaillait alors de nuit dans la chaleur brûlante d'un four qui me semblait immense. Il émaillait des cuvettes métalliques, des bols et des seaux à la chaîne. Quand il est mort d'un cancer généralisé en 1991, je me suis demandé si c'était le tabac, l'alcool ou plus sournoisement l'amiante qui avait eu sa peau. Il aimait la nature, mon père, et m'avait appris les meilleurs coins à champignons, comment choper un merle ou construire une cabane digne de ce nom ! J'avais aussi une sœur, de deux ans ma cadette, probablement pour me faire découvrir les dures lois de la vie en communauté. Il faut dire qu'elle usait toute son énergie à me la pourrir, la vie. Aujourd'hui, je ne sais toujours pas si j'aime les gens. Les chats, par contre, oui, j'ai toujours aimé les chats. J'en ai beaucoup eu. Des noirs, des gris et des tigrés…
   Si j'ai été un bon élève ? Oui. Le meilleur. Avec ma sœur, à l'École Communale Jules Verne, on taxait tous les prix. Jusqu'au lycée. Moins après, quand j'ai compris que la compétition n'était pas vraiment mon truc...
   J'ai découvert la littérature et l'écriture par la poésie romantique. J'ai même commis quelques poèmes en alexandrins. Le premier grand roman que j'ai lu a été Le Comte de Monte-Cristo. Ah, l'Amour, l'injustice, la vengeance, l'aventure ! Et puis, surtout, l'évasion de la prison, l'exotisme... C'était beau ! J'ai très peu lu Jules Verne. Dans l'adolescence, mon intérêt s'est très vite tourné vers Sartre et Camus. J'ai beaucoup lu Zola, aussi. Mais je n'ai jamais été un grand lecteur.

   La science-fiction

   J'ai découvert la science-fiction quand j'étais lycéen. D'abord les romans du Fleuve Noir que j'achetais d'occasion chez un bouquiniste versaillais, puis ceux du « Rayon Fantastique ». J'avais un copain qui achetait tous les « Anticipation ». Il les stockait en piles autour de son lit. On lisait aussi beaucoup de polars : Peter Randa, Frédéric Dard, Alain Page… Grâce à l'anthologie de Hubert Juin (Les 20 Meilleurs récits de science-fiction) parue chez Marabout, j'ai enfin découvert la nouvelle, et ce fut presque une révélation ! Des textes d'auteurs prestigieux étaient réunis là : Richard Matheson, Ray Bradbury, Van Vogt, Lewis Padget, Catherine Moore, Jean Ray, sans oublier, bien sûr, Philip K. Dick et sa fabuleuse nouvelle : Le Père truqué !
   Quand Jean-Pierre Andrevon publia son premier texte dans « Fiction » (1968), je commençais à peine à écrire. Nous vivions une époque épique, comme dirait Léo Ferré, mais il me faudra attendre plusieurs années avant de vivre ma révolution !

 

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