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La Vraie rencontre
avec JPA
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Bon,
on commence ?
- JPP : Dans les années
70, on voit ton nom partout : dans FICTION, dans CHARLIE
mensuel (la célèbre BD avec Pichard et de
nombreux articles, dont le "Petit dico de la SF"), LA
GUEULE OUVERTE. Tu publies aussi chez Denoël, dans
la collection "Présence du futur"... Comment faisais-tu
pour produire autant ? Parle-nous un peu de cette époque...
-
- JPA : Au début des années
70, j'entrais dans la carrière, comme un brave
petit soldat ( GANDAHAR était sorti en novembre
69 ). Mais j'écrivais depuis longtemps, ce qui
veut dire que j'avais dans mes tiroirs pas mal de manus
et de projets. En outre je devais être agité
par un sentiment d'urgence : je débutais à
32 ans, alors que pour beaucoup d'autres, c'est plutôt
autour de la vingtième année.
- Enfin, la totalité de ma production
était "visible". Je m'explique. J'avais totalement
cessé de peindre entre 1975 et 1987 ( d'où
temps gagné pour l'écriture ). Aujourd'hui,
je consacre beaucoup d'heures à la peinture, mais
le fan de s- f n'en sait rien. Même chose pour
le journalisme : mon activité frénétique
à CHARLIE était visible. Aujourd'hui, je
travaille pour un hebdomadaire local ( essentiellement
de la critique de cinéma ), mais là non
plus le lecteur de s- f n'en sait rien. Même
mon travail à L'ÉCRAN FANTASTIQUE, où
je ne fais pas qu'écrire des papiers mais où
je fais également de la relecture et de la correction,
reste en grande partie ignoré. Donc je ne pense
pas produire moins globalement. Il n'y a qu'à consulter
ma vaste bibliographie pour s'en convaincre. Mais, vu
de l'extérieur, il est probable qu'on m'imagine
plus discret.
- Naturellement, je ne prends pas en
compte la fatigue due à l'âge, que je préfère
passer sous le boisseau, comme on dit. N'empêche
que ces belles années 70 ( plutôt, d'ailleurs,
la période 75/85 ) restent à jamais ma décennie
glorieuse. Le parfum de mai 68 flottait encore dans l'air,
comme je le chante dans "Le vieux soixante-huitard". Il
y avait floraison, enthousiasme, émulation, création,
dans l'édition, la b-d, les fanzines, les projets
communs, les magazines. Ce n'était donc pas difficile
de surfer sur la (nouvelle) vague. À moins de s'endormir
sous son oreiller, ou de faire la mauvaise tête.
Aujourd'hui où l'on ne cesse d'enterrer la s-f,
française en tout cas. Je préférerais
un peu plus de mordant. Ce pourquoi, sans bien sûr
m'en détourner ( on ne renie jamais ses premières
amours, même si " … la femme qui est dans mon lit/N'a
plus vingt ans depuis longtemps " ), je me sens souvent
plus en phase avec les auteurs de polars, qui ignorent
le terme heroic- fantasy, qui n'hésitent pas à
s'engager (voir l'affaire Battisti ).
-
- JPP : Ton roman GANDAHAR
a été adapté au cinéma par
René Laloux, mais aussi "Le Travail du furet..."
Je sais que tu es très branché cinéma.
Quels sont tes rapports avec ce milieu ? Tu m'as dit avoir
été déçu par le film "Le Travail
du furet..." Avais-tu un droit de regard sur le scénario,
le tournage ? Et René Laloux ? L'as-tu rencontré
? As-tu travaillé avec lui ?
-
- JPA : Tout ce qui tourne ( c'est le cas
de dire ! ) autour du cinéma me passionne, me fascine,
me fait baver. Comme je le dis toujours ( et je le répète
) : " Tous les bouquins que j'écris sont des films
que je ne peux pas tourner." La littérature et
la b-d, pour moi, c'est du cinéma en moins bien.
Le cinéma a été ( en même temps
que la b-d, sans doute) ma première plongée
tête la première dans la culture : juste
après la guerre, avec les Chaplin, les Tarzan avec
Johnny Weissmüller, etc... Faire des films, être
Spielberg aurait été mon rêve, à
jamais inaccessible. Je me suis rattrapé avec ma
participation aux ciné-clubs, le tournage de deux
courts-métrages, la critique de cinéma,
fantômes fluets de mes grands desseins.
- Lorsque Laloux m'a contacté
pour faire un film d'après GANDAHAR, j'ai sauté
de joie... pour retomber assez vite, quand je me suis
rendu compte qu'il ne comptait pas me faire travailler,
seulement me demander mon avis. L'essentiel est quand
même que j'ai été tout de suite d'accord
avec le choix du dessinateur, Caza, que déjà
à l'époque je connaissais bien ( une rencontre
de manifs anti-nucléaires ). Et le film est formidable.
J'ai depuis gardé une amitié sans faille
avec René, ce vieux ronchon, ce dernier stalinien,
comme il aimait à se désigner. Et puis il
est mort, comme tout le monde.
- L'expérience du Furet a été
encore plus décevante, car le film manquait terriblement
de moyens ( ce n'était pas exactement le BLADE
RUNNER dont j'aurais pu rêver ), et je n'ai rencontré
son réalisateur, Bruno Gantillon, que bien après.
Mais nous sommes également devenus amis, au point
de monter un autre projet, de série cette fois,
toujours pour la télé. Mais sans succès
jusqu'à présent.
- J'ai enfin eu une troisième
adaptation, d'une nouvelle cette fois, "Sans aucune originalité"
( in "Aujourd'hui, demain et après"), devenu LOURDE
GUEUSE au petit écran. Une catastrophe dont je
préfère ne pas parler. Depuis, on me contacte
régulièrement, essentiellement pour le Furet,
d'ailleurs mais aussi, depuis sa parution, pour "Zombies".
Je ferais bien des prières si j'étais croyant.
À défaut, je touche ma pine en bois.
-
- JPP : "La Fée et
le Géomètre". Ça a plutôt bien
marché. Je crois me souvenir que tu avais reçu
le Grand Prix de l'Imaginaire, catégorie "Jeunesse".
Il semble que la SF plaise beaucoup aux jeunes d'aujourd'hui.
Je pense au succès de la collection de Denis Guiot
chez Mango. Qu'en penses-tu ? Aimes-tu écrire pour
les ados ?
-
- JPA : J'ai écrit " La fée
et le géomètre " dans le même esprit
que le premier " Gandahar " ( et exactement 10 ans après
) : faire de la belle aventure qui donne à penser.
Je ne suis pas sûr d'avoir retrouvé cet état
de grâce, même si certains de mes ouvrages
jeunesse s'en approchent (" Où sont passés
les éléphants ? ", par exemple ). Ceci
dit, je n'aime pas trop le concept de littérature
jeunesse si, derrière cette idée, se cache
une certaine prudence, pour ne pas dire une certaine censure.
J'ai eu plus ( Degliame ) ou moins ( Nathan ) de liberté
suivant les bouquins, mais quand même on ne verrait
pas " Le furet " en collection jeunesse ; et ce que j'aime
avant tout, c'est jouir sans entrave. Je veux dire : écrire
sans entrave. D'où une certaine gêne aux
entournures quand j'aborde le genre. Que je pratique au
maximum en ne pensant pas, justement, que je fais dans
la jeunesse (particulièrement les " Gandahar, "
malgré l'œil redoutable de mon garde-chiourme Denis
G. ). D'ailleurs les livres de s-f étiquetés
jeunesse sont lus par qui ? Mon expérience dans
les collèges me prouve que ceux qui lisent de la
jeunesse lisent aussi de l'adulte. Et ceux qui ne lisent
pas ne lisent rien, comme dirait monsieur de La Palice.
Alors c'est peut-être un faux problème. Je
répète souvent que je n'ai jamais lu, dans
mon enfance de livres jeunesse : j'ai commencé
avec " La Guerre des mondes " de Wells, vers 9 ou 10 ans
- et ce n'était pas précisément un
ouvrage pour culottes courtes. Donc mon avis sur la question
est nuancé, et baigne dans le flou artistique.
Mais je ne peux pas faire mieux !
-
- JPP : Tu n'aimes pas trop
les grandes manifestations, genre Festivals où
il est de bon ton de se montrer. Tu es plutôt discret,
alors que beaucoup te considèrent (à juste
titre) comme un écrivain très important
dans la SFF, le fantastique et le polar. Ça t'ennuie
? Entretiens-tu des relations sympas avec d'autres écrivains,
genre Ayerdhal, Pelot ou Wintrebert ?
-
- JPA : Les grandes orgues ( le collectif,
le besogneux aussi ) et les amitiés ( le privé
) ne concordent pas forcément, même s'il
se trouve que c'est précisément dans des
conventions que j'ai rencontré certains auteurs
qui sont devenus des amis très chers (Walther ou
Wintrebert, par exemple, un beau couple de WW ), et ça
compte. De même qu'on doit tabler sur le fait que
ce n'est que dans ce genre d'occasion qu'on les retrouve,
les ami(e)s. Enfin… si c'est vraiment le cas, est-ce que
sont encore des amis ? Je traite souvent ce genre de manifestations,
comprenant aussi les signatures, de " service après
vente " Mais dire que je n'aime pas les rencontres collectives
est faux : que je n'y aille pas souvent ne signifie pas
que je les fuie. C'est essentiellement une question de
temps. C'est sûr qu'à choisir, je préfère
écrire. Et puis souvent se pose la question : qui
va garder mes chats ? N'oublions pas, ou apprenez, jeunes
gens, que j'ai organisé en décembre 71,
à la jeune Maison de la Culture de Grenoble, un
" Mois de la science-fiction " qui a compté dans
les annales ( les miennes en particulier, puisque j'y
avais invité Stefan Wul, une de mes grandes admirations,
qui est resté un ami jusqu'à sa disparition
). Et, en juillet 74, au campus de l'Université,
une Convention européenne. Mais, pour ça
aussi, je n'ai pas de réponse bétonnée.
Des fois j'ai envie, des fois pas.
-
- JPP : En prenant un peu
de recul par rapport à tout ce que tu as écrit,
quel est le roman, la nouvelle qui te réjouit le
plus aujourd'hui ? Pourquoi ?
-
- J-P A : Ce sont des dates ( balisant mon
parcours ), plus que les œuvres en elles-mêmes,
qui me paraissent avoir de l'importance. La sympathie
de Barjavel, à qui j'avais envoyé mon premier
manuscrit, et qui m'a répondu avec une extrême
gentillesse. La première nouvelle professionnelle
( " La réserve ", FICTION, mai 68 ), le premier
roman, GANDAHAR ( et sa descendance, bien sûr ),
" Le monde enfin " en 75, " Le travail du furet " en 1983.
Mais aussi des écrits beaucoup moins publics, que
j'ai eu énormément de mal à faire
publier, et encore dans de mauvaises conditions : " Tout
à la main ", " Le dernier dimanche de monsieur
de chancelier Hitler ". Et puis aussi, aussi et surtout,
des rencontres humaines. Jacqueline Osterrath, qui m'a
la première publié dans son fanzine LUNATIQUE
; Alain Dorémieux avec qui, en ne nous rencontrant
que bien trop rarement, j'ai été lié
de manière très proche jusqu'à sa
disparition ; Robert Kanters, qui m'a introduit en " Présence
du futur " à un moment où les Français
n'y avaient guère accès ; Elisabeth Gilles,
qui a fait de moi " l'auteur français le plus publié
en P-d-F " ; Jean-Baptiste Baronian qui, lors de son trop
court passage au Fleuve Noir, m'a permis d'y publier mes
premiers polars, Brussolo, à qui je vaux le Prix
du roman d'Aventures au Masque pour " L'oreille derrière
les murs " en 2001… Nostalgie, nostalgie, tristesse aussi
: quatre d'entre eux sont morts, je n'ai plus de rapport
avec les trois autres. Et Barjavel… il de bon ton de lui
cracher dessus. Sortez vos mouchoirs.
- PS. Quoi
? J'ai pas versé ma larme sur Chambon ? Ah ben…
j'ai dû oublier. Ou alors j'avais tout donné
à Wul et à Versins.
-
- JPP : Jean-Pierre Andrevon
est un écrivain reconnu. La revue "Galaxies" te
consacre un numéro spécial. Pourtant, mon
amie, qui a lu Bernard Werber et Philip K. Dick, ne connaissait
pas Andrevon. Ça t'énerve ? Je veux dire
: après avoir écrit et publié autant
de textes, est-ce que tu t'en fous d'être moins
connu que Dick, Silverberg ou... Maurice Dantec ?
-
- JPA : Ça m'énerve ? Mais
non… ça me met en rage, oui ! Bon, je respire un
bon coup et je me calme. Je sais ce que je vaux, je crois.
Mieux que certains, moins que d'autres. Ou, pour reprendre
la phrase de Sartre qui ferme " Les mots " : Tout un homme, fait de tous
les hommes et qui les vaut tous et que vaut n'importe
qui. Alors de temps en temps, au moment
de payer mon loyer, je me dis : " Je peux pas être
aussi célèbre que Stephen King, d'accord
; mais pourquoi pas autant que Brussolo ? Je ne peux pas
être aussi célèbre que Brussolo ?
Alors pourquoi pas autant que Bordage ? " Et puis je descends
comme ça marche après marche, jusqu'à
la cave. Comme le dit mon ami Gilles Dumay : " JP, tout
le monde t'adore, mais tu vends rien ". Bien vu. Mais
bon, je râle, oui, mais je ne me plains pas. L'argent,
la - sob - gloire sont accessoires : au moins ai-je fait
ce que j'ai voulu, écrit ce que j'ai pu. Sans doute
un peu plus de reconnaissance ne ferait pas de mal à
mon ego. Mais je survis, néanmoins. En me disant
que je ramasse ce que j'ai semé. J'écris
des trucs trop divers ( de la chanson au gore, de la Blanche
à la s-f , etc ) pour être vraiment identifiable,
et le lecteur lambda n'aime pas ça, ça le
déroute, le pauvre. Le libraire plus encore. Et
puis je traîne ma réputation de vieux 68tard,
de gaucho mal dégrossi, d'écolo excessif,
qui fait de la littérature tract, du chiant au
mètre linéaire. Je traîne ? Non, je
le revendique. Bien fort. Et merde à celui qui
lira ( ou ne lira pas… )
-
- JPP : Mais, aujourd'hui,
penses-tu qu'il soit possible, pour un écrivain,
de s'engager politiquement comme tu l'as fait dans les
années 70 et plus tard ? Par exemple, Valerio Evangelisti
signe parfois des articles très pertinents dans
le Monde diplomatique...
-
- JPA : Bravo, Evangeslisti ! Bien sûr,
c'est possible. On est libre, non ? Ceux qui ne le font
pas sont, au choix, des lâches, des traîtres,
des inconscients, des fainéants. Des écrivains,
quoi, qui pondent des écrits vains.
-
- JPP : Tu dis préférer
Jacques Brel à Léo Ferré. La musique
est-elle importante pour toi ? T'est-il arrivé
d'écrire quelque chose en écoutant une chanson,
une musique ? Oui, je sais... C'est la question idiote
puisque tu es aussi musicien... Quels sont tes goûts
? Rock ? Jazz ? Classique ? Ou la musique en général
?
-
- JPA : Je suis un musicien minimaliste,
qui dépose, pour reprendre un mot de Victor-Hugo,
quelques notes et quelques accords ( quatre, je crois
) sous mes vers, pour en faire des chansons. Et je suis
resté fidèle à tous ces a-c-i des
années 50, 60, 70, qui ont été en
premier lieu mes modèles ( Brassens, Brel, Félix
Leclerc, Jacques Douay comme interprète, et puis
surtout Stéphane Golman, lui aussi devenu un ami,
lui aussi fauché par la Camarde ), et ensuite mes
cousins : Bühler ( encore un vieux pote), Tachan,
Font et Val, Renaud, d'autres, comme Vincent Delerme ou
Alain Lesprest aujourd'hui. Pourquoi Ferré ne fait-il
pas partie de ce palmarès ? Est-ce que je sais
? Peut-être parce que je préfère la
discrétion à l'emphase. Autrement, je suis
un musicien qui n'écoute jamais de musique. Ou
trop peu. Et en tout cas pas en écrivant. Au fou
! Encore une question de temps, mon vieil ennemi. Je le
prends encore au sentiment pour aller écouter régulièrement
du jazz dans une boîte pas loin de chez moi : en
particulier du New Orleans, qui reste pour moi la meilleure
musique du monde, n'est-ce pas, Woody, mon frère
? ( je suis en train de claquer des doigts ). Mais je
ne fais pas du tout partie de la génération
( ?) rock ou punk. Je n'aime ni le bruit ni la violence,
ça doit être pour ça. En fait, avec
le New Orleans, la musique du vent dans les branches,
c'est pas mal non plus.
-
- JPP : Tes prochaines parutions
?
-
- JPA : A part le GALAXIES " spécial
Andrevon " ( le chœur des vierges : " Tu vois bien qu'on
t'aime ! " ), une longue novella, " De vagues et de brume
", dans la nouvelle collection NovellaSF, qui démarre
en octobre au Rocher, sous la direction de Jérôme
Leroy. En Janvier 2005, " Le passager de la maison du
temps ", un sf jeunesse ( hmmm… ) assez ambitieux, chez
Bayard. En mai, il devrait y avoir un nouveau Gandahar
( …jeunesse, damned ! ) chez Mango. Il faut seulement
que je finisse de l'écrire ( pourvu que Denis Guiot
ne lise jamais ça ! ). Et, début 2006, mon
grand-œuvre, " Le monde enfin ", ma saga sur la fin douce
de l'humanité, qui avait démarré
avec la nouvelle de même titre… il y a 30 ans de
ça... Plus d'un million de signes, au Fleuve Noir.
Et puis des petits trucs dans la Small Press, comme un
recueil d'ultra-short-short ( en fait, des nouvelles en
une seule phrase ) proposé par Daniel Conrad pour
sa maison d'édition Dreampress.com.
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- JPP : Tu viens quand en
Guadeloupe ?
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- JPA : Mais je suis déjà
parti ! ( en vélo, alors ça risque d'être
long… )
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Propos recueillis par JPP (octobre 2004)
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