À cette époque, je faisais des songes parfois fabuleux, qui oscillaient entre le réel et l'imaginaire.
  Je ne parvenais pas à me souvenir de tous. Parfois une bribe me revenait.
  Malheureusement, il ne m'était presque jamais possible de recomposer le rêve.
  Alors j'ai décidé de m'auto programmer.
  Je m'endormais et une heure après, mon réveil sonnait : j'écrivais ce qui me venait, puis je me couchais à nouveau : je me réveillais une fois de plus, et me mettais à écrire encore. Je pratiquais cette façon de vivre le sommeil cinq à six fois chaque nuit.
  L'écriture était automatique, et m'échappait complètement. Inutile de te dire que j'avais parfois du mal à savoir faire la part du vécu, du réel, et la part du rêvé, de l'imaginaire.
  Peu à peu je n'ai plus eu besoin de me coucher, je pouvais juste me déconnecter du monde environnant et me mettre à écrire ce que mon esprit avait à transmettre.
  Je suis souvent étonnée à la relecture.
  Cette façon spontanée d'écrire m'est restée. Je n'ai qu'à me laisser glisser, et l 'irréel m'emporte. C'est depuis un monde fixé dans l'espace- temps que je communique avec le papier ! Je n'ai plus conscience du lieu, du temps, même de qui je suis. J'écris, c'est tout, et je ne me presse pas le citron du tout, ça coule de soi.
  C'est pour ça que le recueil s'appelle « Flottaison, ou les contes de la narcolepsie », parce que sur le mince fil tendu entre le réel et l'imaginaire, juste le texte flotte, et presque ça coule .

Marion