Pierre Jean Brouillaud, qui a beaucoup roulé sa bosse et exercé plusieurs professions -dont celles de journaliste et de traducteur- a publié, en littérature générale, chez Calmann-Lévy, un roman (Les Aguets) et deux recueils de nouvelles d'inspiration fantastique (La Cadrature et L'Angle droit), avant de passer à la science-fiction. En 1975, il a fait paraître Tellur dans la collection "Ailleurs et Demain" (Robert Laffont).

En 1996, il a donné aux éditions La Geste un recueil intitulé L'Oeil de pierre (1).

Il a publié plus de 70 nouvelles dans de nombreuses revues françaises et étrangères. Ses novellas ont notamment paru dans Antarès et Miniature.

De 1987 à 1997, il a présidé INFINI, association des littératures de l'imaginaire d'expression française. Il s'est employé à développer les relations avec les littératures des autres pays d'Europe et a aussi publié, à ce titre, plusieurs traductions de l'italien, de l'espagnol et du portugais.

(1) Ce recueil contient : Le Secret d'Andérès, Dédale, Quand l'Heure viendra.  

 

Les Soirées du Blue Buzzard - 2



Und das Schiff mit acht Segeln
Und mit fünfzig Kanonen
Wird entschwinden mit mir

(Le navire aux huit voiles
Aux cinquante canons
Va disparaître
Avec moi à son bord)
Bertold Brecht : L’Opéra de quat’ sous

   — Un baril de rhum rejeté par la mer, dit le docteur Snyder qui s’essuya la barbe où perlait le goudron de sa Guinness. Qu’en faire ? Il nous a semblé qu’il serait à sa place au musée municipal.
   
— Parmi tout le bric-à-brac, ironisa Freddy.
  
— Un baril portant l’inscription La Habana 1770, rappela Harry, le professeur, en dirigeant vers l’assistance le tuyau de sa pipe. Dix-sept cent soixante-quinze, ça ne dit probablement rien à des ignares de votre espèce.
   — Rien ! interjeta Freddy au milieu des rires.
   — C’est l’année où un navire de boucaniers, mécontents de l’accueil reçu, a mis à sac notre ville de San Juan, après l’avoir attaquée au canon, a massacré une partie de la population et a emmené le reste, à l’exception de quelques malins qui avaient réussi à s’éclipser… Ce serait un triste souvenir si, comme je le vois, vous ne l’aviez tous oublié.
   — Où veux-tu en venir ? demanda Snyder.
   — À un rapprochement qui serait… une curieuse coïncidence.
   — Trêve de mystère, explique-toi, ai-je demandé.
   — Steve, je laisse au journaliste que tu es le soin d’enrober ce prétendu mystère. Ce qui ne saurait tarder, répliqua le professeur.
   — Il y a une autre affaire que notre reporter n’a pas vraiment élucidée, fit observer Tonio, le patron du Blue Buzzard. C’est la disparition de Dolores dite Pattes en l’air. Harry, tu ne vas pas prétendre qu’il existe un lien avec un événement survenu il y a près de trois siècles.
   — S’il y en a un, je le découvrirai, ai-je affirmé de mon côté, parce qu’un journaliste ne doit pas rester court.
   — À la rigueur tu l’inventeras, pouffa Freddy. C’est pour ça qu’ils te paient au San Juan Chronicle.
   — Je me suis contenté de lancer :
   — Tonio, make it a double !
   — Et un double whisky pour Steve ! claironna Tonio en opinant de son bonnet à pompon rouge.
   — L’affaire Dolores est déjà classée, objecta le docteur Snyder. On a retrouvé sa mantille sur le quai.
   Harry secoua la tête :
   — Curieux quand même que cette pauvre fille ait pris la peine d’étaler soigneusement son châle sur la pierre avant de se jeter à l’eau.
   — N’oublie pas, reprit le docteur, il y a cette lettre qu’elle nous a laissée.
   — Oui, grogna le professeur : « Allez au diable, si vous réussissez à me retrouver ! »
   — La malheureuse s’est très certainement donné la mort au cours d’une phase dépressive, soupira le docteur.
   — Une conclusion qui arrange tout le monde, insista Harry, et surtout notre shérif. Fort de la lettre, Bob s’est empressé de fermer le dossier. En fait, on ne sait pas…
   — Moi, je sais, fit une voix venue du fond de la salle.
   Brouhaha.
   Bill, le voyageur médical, prit le temps de savourer son effet avant de poursuivre :
   — Tonio, ferme la boutique. Tu n’y perdras pas grand-chose puisque, de toute façon, ça va être l’heure de boucler. Mais il faut profiter de ce que nous sommes entre nous, dans notre établissement favori. Ce que je vais dire est strictement confidentiel. Si confidentiel que vous ne me croirez pas. Mais vous allez me promettre de garder le secret. L’affaire est si sérieuse qu’elle doit rester entre nous… Levez la main.
   Protestations amusées.
   — Tous, et d’abord le plus dangereux. J’ai nommé Steve.
   Je me suis exécuté.
  — Souvenez-vous de ce que vous savez et qui se résume à pas grand-chose. Dolores avait disparu une première fois, il y a trois semaines. À son retour , elle nous a raconté qu’elle était allée voir sa vieille mère.
  — Sa vieille mère ! grinça Freddy.
   — Pour autant que je sache, reprit Bill, sa mère, une quarteronne, est morte il y a dix ans dans des circonstances qui n’ont jamais été élucidées. Entre ses deux disparitions, j’ai vu Dolores, je lui ai parlé. Et, puisque vous devez tout savoir, j’ai couché avec elle. Je voulais savoir pourquoi elle racontait cette histoire… Nous avons passé la nuit ensemble. Vers minuit, elle a balbutié dans son sommeil. Au matin, je lui ai dit : Tu as rêvé. Tu crois ?
Oui, tu disais la porte… la porte… Ah oui ! Je me souviens. Nous étions très nombreux, enfermés dans une salle immense. On cherchait la sortie. On ne la trouvait pas. Et alors ? J’ai fait un truc idiot. J’ai fermé les yeux et j’ai avancé à tâtons, comme une aveugle. J’ai failli tomber. Le mur s’était ouvert. J’avais trouvé la sortie. Et les autres ? ai-je demandé. Je me rappelle pas. Elle m’a lancé un drôle de regard. J’ai vu qu’elle mentait. Elle se rappelait. Mais c’était son secret. Sur le moment je n’ai pas attaché d’importance à cet incident. Quand j’ai voulu la payer de ses services ; elle a refusé. J’ai dû insister. Votre fric, j’en aurai plus besoin, m’a-t-elle dit dans une grimace. Jamais. C’est la dernière fois que je couche avec un mec de ce bled pourri. Ou avec un mec de ce monde dégueulasse. Je lui ai demandé : Comment tu vas t’y prendre ? Bill, ça n’est pas tes oignons. J’ai encore insisté : Au moins, ne fais pas de connerie. Ma connerie, ça été de vous supporter, m’a-t-elle répondu.
   — Vieux boucs, si vous aviez des illusions ! persifla Freddy.
   — Shut up ! cria quelqu’un.
   Bill reprit :
   — Écoute-moi bien, m’a-t-elle dit alors. Tu n’es pas le pire. Et, une dernière fois, je ferai quand même confiance à un gars de ce foutu patelin. Autant que ce soit toi. Je te dirai ce que je vais faire, mais tu tiendras ta langue tant que je serai là. Il y aura un secret entre Pattes en l’air et le vendeur de capotes anglaises. Un secret que tu seras le seul à connaître. Tu t’en vanteras, mais quand je n’y serai plus. Tu promets ? J’ai dit : oui. Jeudi soir, m’a-t-elle demandé, tu seras libre ? Je le serai. Alors trouve-toi sur le môle, au niveau du réverbère. Jeudi soir à minuit. Surtout, viens seul. Que personne ne te suive. Et ne te montre pas. Ouvre grandes tes mirettes. Mais bouche cousue. Si tu vends la mèche, tu ne verras rien. D’accord ? J’ai encore dit : oui. J’ai compris qu’elle voulait un témoin. Autant moi qu’un autre… Je devais donc y aller seul. Faute de quoi, je risquais de tout faire échouer. Gentlemen, dans ce genre d’affaire il faut posséder la faculté de voir l’invisible. Et, curieusement, cette faculté, Dolores me l’avait communiquée. Pour quelques instants. Le temps d’avoir son témoin.
   Bill prit le temps de s’humecter le gosier.
  — Le jeudi j’étais donc disponible. À minuit moins le quart, je me suis glissé jusqu’au quai. J’ai failli déranger un couple qui baisait entre les planches d’un rafiot. Heureusement, ils étaient trop occupés. Sur le môle, je me suis embusqué au coin du hangar, derrière une poubelle d’où est surgi un rat qui m’a filé entre les pieds. Il y avait une faucille de lune curieusement rougeâtre, à son dernier quartier. Du coup, le ciel et la mer se teignaient de sang. Et là, sur le quai, placée à contre-lueur, sous un lampadaire qui n’éclairait plus rien, se dressait Dolores drapée de sa mantille noire. Sans doute gardait-elle le regard fixé sur le large. Pas un instant elle ne s’est retournée. Mais, j’en suis sûr, elle sentait ma présence. Elle avait son témoin qui, aujourd’hui, doit rendre compte… Elle se tenait là, telle ces femmes stoïques qui guettent le retour des marins, après une tempête. De ces femmes trop dignes pour trahir l’angoisse qui les ronge en attendant le verdict du destin.
   — Hum ! grogna Freddy qui n’aimait pas la littérature.
   Bill n’en poursuivit pas moins :
  — Ou dans la position de celle qui, ayant au contraire choisi son destin, allait passer à l’acte. Quand… Patatras ! Voilà que débouche la voiture de notre shérif. À bord se trouve Ted, son adjoint. Je me dis : shit ! c’est loupé ! Il ne se passera plus rien. En tout cas, je ne verrai rien. La voiture avance au pas. Je distingue la trogne de Ted. Il regarde vers le large. Il ne peut pas ne pas voir la silhouette à la mantille. Il ne peut pas… Il décroche son téléphone. Il va signaler… Il va intervenir. Alors l’horloge de la mairie, avec son ton de cloche fêlée, sonne minuit. Aussitôt, la voiture s’éloigne, comme si le conducteur n’avait rien vu, ni la mer et le ciel sanglants, ni la silhouette au châle noir… Qu’a-t-il craché dans son micro ? Rien à signaler. Sans doute ce débile avait-t-il fini son service.
   Un silence, tel qu’on entend l’enseigne rouillée du Blue Buzzard grincer dans la rue.
   Et Bill repart :
   — À peine Ted a-t-il tourné dans Pier Street pour revenir vers la Plaza que de la mer surgit une forme blanchâtre. Un voilier. Vous entendez bien ! Un deux-mâts dont la voilure scintille sous la lune… Je sais ce que vous allez dire. Bill et son dada. Bill a lu trop de bouquins sur la marine à voile.
  — Continue, lance le professeur.
   — Pas de doute. C’est un brigantin, bâtiment à deux mâts et beaupré, portant vingt canons. La phosphorescence rougeâtre laisse voir le pavillon noir à tête de mort et tibias, les sabords où brille le bronze des bouches à feu. Je me frotte les yeux. Je me pince. Et je prends les jumelles que j’avais emportées à tout hasard. Non, je ne rêve pas. Je vois les ombres de l’équipage qui s’affaire sur le pont. Ils descendent l’échelle de coupée. Dolores se défait de sa mantille d’un geste ample et très lent, presque cérémonieux, la laisse tomber, étalée sur le quai, toujours sans un regard en arrière, puis toujours aussi lentement, solennellement, toute droite, fière comme une reine, Dolores gravit l’échelle. La lune joue sur sa peau brune et luisante. Les marins l’accueillent, la saluent, brandissant leurs chapeaux au bout de leurs grappins, de leurs sabres d’abordage et déchargeant leurs pétoires. Ils l’acclament, puis se mettent à exécuter autour d’elle une curieuse sarabande. Elle se joint à la danse, mais je n’entends toujours rien. Dans le même temps, je crois voir de la fumée sortir des sabords, comme si le navire tirait une bordée en hommage à sa putain de passagère. Je me dis : ça doit être la brume qui monte de la mer. Puis je me souviens de l’aventure que le professeur nous rappelait à l’instant. Non, je ne savais pas la date. Mais j’avais entendu dire qu’un jour – vérité ou légende – San Juan avait été détruite par un navire de boucaniers. Je suis là, derrière ma poubelle, impuissant. Je me dis : Good God ! Eux n’ont pas oublié. Ils vont remettre çà ! Pour nous punir. Trois siècles après ! Pour venger Dolores des humiliations que nous lui avons fait subir, jour après jour, nuit après nuit. On n’a jamais fini de payer. Le tout dans un silence de mort. Je n’entends même plus le bruit du ressac contre le môle. Les bordées se succèdent. J’en compte treize. Je n’ose pas regarder derrière moi. Je me force. Le môle, le quai, la capitainerie, les bassins, les entrepôts, les maisons s’écroulent. Sous les décombres, San Juan brûle. La lueur des incendies fait pâlir la lune de sang. Alors, les pirates débarquent. Sous la conduite de Dolores armée d’une torche qui flambe, ils remontent Pier Street. Ils forcent l’accès des maisons où les habitants se sont barricadés sous les flammes qui lèchent les murs. Ils les extraient de leurs refuges. Ils leur ont passé la corde au cou, une chaîne aux pieds. Il suffit de régler mes jumelles. Ces malheureux, je les distingue. Je les reconnais. Il y a Jenny la maquerelle qui pousse des cris perçants de nouveau né. Jeremy le flambant qui pleure comme un veau. Je baisse mes jumelles. J’arrête. J’ai peur de tous vous reconnaître dans cette horrible cohorte trébuchante, titubante que les brigands traînent à travers la ville, y ajoutant sans trêve de nouveaux prisonniers. Ceux qui résistent sont décapités. Les têtes aux yeux exorbités saignent dans les caniveaux, comme bétail à l’abattoir. Enfin, leur triste besogne achevée, les bandits ramènent leurs victimes vers le port et les embarquent, à coups de nerf de bœuf, à fond de cale. La population de San Juan réduite en servitude. Nos ancêtres, que dis-je ? ces autres nous-mêmes seront vendus aux marchands d’esclaves de Barbarie.
   Bill à qui Tonio vient se servir un autre whisky fait cul sec.
   — Les gaillards qui regagnent le bord ploient sous le poids de leur butin. Dolores, avant de rembarquer, jette dans la mer sa torche qui brasille. Puis elle lance un dernier regard – de mépris, un dernier crachat, sur la ville, sur moi qu’elle ne distingue pas mais dont elle sait la présence… Soudain, le vent se lève, bouscule les rideaux de flamme et de fumée, gonfle les voiles ; le brigantin va lever l’ancre… Noir. Quand la lune reparaît au bout du môle, la mer est vide.
   Bill ferme les yeux, rejette la tête en arrière.
   Silence.
  — Et le couple ? demande alors Freddy.
   — Lequel ?
   — Celui qui baisait.
   — Ah ! Oui ! Il ne s’est aperçu de rien . Enfin, je le suppose.
   Andy tire sur son mégot :
  — Pourquoi Dolores a-t-elle laissé sa mantille. Pour donner le change ?
  — La mantille rouge ; explique Bill, c’était l’enveloppe extérieure, la chrysalide dépouillée, laissée sur le rivage. Et souvenez-vous de la lettre. Qui semblait confirmer la thèse du suicide. Dolores pattes en l’air a eu sa revanche sur les salauds que nous sommes. Elle vit quelque part au milieu de ses compagnons qui sillonnent et écument l’éternité. Peut-être les prisonniers mis aux fers croupissent-ils à jamais dans l’enfer de la cale.
   Bill s’est rassis.
   Alors j’ai posé la question que tout le monde devait avoir sur les lèvres :
  — As-tu donné la même version au shérif ?
  — Bien sûr, Steve. Bob m’a écouté, enveloppé dans la fumée de son puro. Il n’a pas bronché même quand je lui ai administré la preuve.
   Tonio s’est immobilisé derrière son comptoir.
  — Avant la première salve, précise Bill, j’avais promené ma lorgnette sur les superstructures du navire, puis sur la mer qui l’entourait. Contre le brigantin, une forme plus sombre dansait dans le clair de lune. La marée qui montait encore à cette heure l’éloigna bientôt de la coque, la poussant vers le quai. Le baril, Bob ! La Habana 1770. Ça ne te dit rien ? Il a serré les dents sur son cigare avant de grogner : Intéressant. J’ai insisté : La capitainerie du port… et les garde-côtes… ils n’ont rien vu ? Notre shérif a pris son temps avant le répondre : Pas que je sache.
   Bill tira alors de sa poche deux pièces de monnaie qu’il fit tinter sur la table :
   — Avant d’embarquer leurs prisonniers et leur butin, les pirates, surchargés, ont laissé tomber un doublon aux armes du roi d’Espagne et une monnaie à l’effigie du sultan ottoman. Bob s’est contenté de dire : Ce sera pour le musée.
   — Et il a classé le dossier, gloussa Freddy.
   — Je ne peux pas raconter ça dans mon canard, ai-je reconnu. On m’accuserait d’extravaguer et de semer la panique. C’est pour la même raison que Bob s’en tient à la version officielle.
   — Well, fit le professeur. Bob n’est sans doute pas le plus fin limier, mais il a une once de sagesse. Il sait confusément qu’il ne faut pas déranger l’ordre des mondes. Et ce dont Bill a été témoin semblerait prouver l’existence d’un autre univers. Pas celui de l’oubli et du pardon des offenses que nous promettent pasteurs et curés. Non. Celui de la vengeance offerte aux humiliés, aux paumés, aux victimes de ce monde-ci. Après tout, pourquoi n’auraient-ils pas leur tour ? Une terrible révélation.
   — Faut-il le regretter ? demanda Bill. Avec Dolores, nous avons perdu la faculté de voir ce que tant d’hommes attendent toute leur vie : l’instrument de leur revanche. Quel qu’en soit le prix.
   — Chers amis, reprit le professeur, ayons une pensée pour ces malheureux, nos frères, ces autres nous-mêmes réduits en esclavage.
   Il vida le contenu de sa pipe dans le cendrier :
   — Peut-être ne trouveront-ils jamais le port. Les voici, condamnés à tourner sans trêve dans un univers où le malheur passe et repasse en boucle, jetés à fond de cale, fers aux pieds, souillés d’excréments, ne survivant que d’épluchures et d’asticots.
   — Buvons à leur mémoire, fit une voix enrouée tandis qu’une autre marmonnait :
   — Buvons pour oublier.
   — La dernière tournée ! lança Tonio qui remit la poignée sur la porte pour bien montrer qu’il allait fermer.

FIN
 

© Pierre Jean Brouillaud. Reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur.

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