Pierre Jean Brouillaud, qui a beaucoup roulé sa bosse et exercé plusieurs professions – dont celles de journaliste et de traducteur – a publié, en littérature générale, chez Calmann-Lévy, un roman (Les Aguets) et deux recueils de nouvelles d'inspiration fantastique (La Cadrature et L'Angle droit), avant de passer à la science-fiction. En 1975, il a fait paraître Tellur dans la collection « Ailleurs et Demain » (Robert Laffont).

En 1996, il a donné aux éditions La Geste un recueil intitulé L'Oeil de pierre (1).

Il a publié plus de 70 nouvelles dans de nombreuses revues françaises et étrangères. Ses novellas ont notamment paru dans Antarès et Miniature.

De 1987 à 1997, il a présidé INFINI, association des littératures de l'imaginaire d'expression française. Il s'est employé à développer les relations avec les littératures des autres pays d'Europe et a aussi publié, à ce titre, plusieurs traductions de l'italien, de l'espagnol et du portugais.

(1) Ce recueil contient : Le Secret d'Andérès, Dédale, Quand l'Heure viendra.  

 




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Les Soirées du Blue Buzzard - 1

Le Bain de Onze heures

   — Avouez-le, vieux dégoûtants ! Ça vous excite.
   Dans la touffeur du bar, les rires se mêlaient aux protestations.
   — Dès la fermeture du Blue Buzzard, reprit Steve, le reporter, vous filez en douce jusqu'au bassin. Vous avez envie et vous avez peur. Terriblement envie. T
erriblement peur.
   Les rires se font plus rares parmi la clientèle.
    Ce soir, ça va peut-être recommencer. Ce soir, bande de sadiques, vous allez découvrir la vérité sur les bains de onze heures. Parce que la vérité, vous ne la connaissez pas. Pas encore.
    Ça n'est donc pas celle de ton canard ? fit Tonio, le patron du Blue Buzzard.
   Les habitués échangèrent un clin d'œil. Trois Jack Daniel's. Steve avait sa ration. Il allait parler.
    Toutes les vérités ne sont pas bonnes à écrire, fit le reporter. Mais écoutez-moi bien... Vous vous souvenez. Un soir...
    C'était le 25 juillet, dit une voix flûtée.
    Exact. Neuf heures et demie sonnent au-dessus du comptoir. Joe, le marinier, entre en coup de vent, accompagné par le cri rauque d'un goéland, et se plante là, devant Tonio qui lui demande :
    Oh ! Joe, qu'est-ce qui t'arrive ? Tu es vert.
   Tous les clients de notre établissement préféré braquent leurs regards sur le marinier.
    Un Wild Turkey, Tonio ! Un double ! fait Joe, d'une voix étranglée.
    Des ennuis ?
    Là, dans le bassin...
    Eh bien ?
    Le bassin de radoub. Un macchabée.
   Tonio hausse les épaules :
    Qu'est-ce qu'il fout là ?
    Il flotte, dit Joe qui, pour illustrer son propos, remue mollement les bras.
    Un règlement de compte.
    Faut prévenir la police.
    Doucement. D'abord, faudrait être sûr...
   Et vous, vieilles ganaches, que faites-vous ? Vous vous pressez autour de Joe. Vous n'y tenez plus !
    On y va ! dit l'un de vous. Et il se tourne vers le docteur Snyder qui vient de commander sa Guinness.
    Doc, le devoir vous appelle. On vous suit.
   Snyder enfile sa veste et s'éloigne du comptoir à regret.
   Vous vous dirigez tous vers la porte que vous ouvrez d'une bourrade. Vous voici dans le crépuscule aux relents de salure et de cambouis.
   Moi, j'ai déjà filé après avoir vu Tonio enfoncer rageusement sur son crâne chauve son bonnet à pompon rouge et décrocher son téléphone.

   Plantons le décor. The Blue Buzzard, vieille bâtisse de briques noircies sous un toit d'ardoise où marchent les fantômes blanchâtres des goélands, se tasse sur le quai. Son enseigne décolorée crie et fait écho à l'énorme poulie qui, en face, grince au sommet d'un portique.
   J'arrive le premier au bord du bassin que domine la masse grise de la drague.
   Les quais sont encore déserts.
   Le corps flotte contre l'arête de ciment, entre deux eaux maculées de goudron et de rouille. Il se recouvre à demi de feuilles mortes, celles d'un vieux platane au tronc creux qui s'acharne à vivre sous la ferraille et le béton.
   Un corps d'homme d'une trentaine d'années n'ayant sur lui qu'une chemise débraillée et des chaussettes à carreaux.
   Les pompiers repêchent le noyé et l'étendent sur une civière. La sirène de Bob, le shérif, déchire la pénombre.
   Convoqué par la police, Tonio est sur les lieux.
    Tu reconnais la victime ? lui demande le gros Bob qui, d'un mouchoir froissé, s'éponge la nuque.
    Dans cet état ? Pas vraiment, Bob.
    Sur le quai on a trouvé ses chaussures et son falzar. Dans sa poche il y avait cette addition.
   Le shérif met le papier sous le nez de Tonio. La note vient bien du Blue Buzzard.
   Tonio hausse les épaules en signe d'impuissance.
   Il est dix heures. Le Blue Buzzard va fermer.
   Un groupe s'attarde sur le quai après le départ des voitures. Les hommes fixent les eaux glauques du bassin.

   Le lendemain soir, les hypothèses vont bon train autour des pintes de bière qui rougeoient sous les lampes et les cernes de fumée.
    Encore un paumé qui a mis fin à ses jours. Qu'en pensez-vous, doc ?
   Snyder déguste une noire gorgée de Guinness :
    J'aurais dit : un ivrogne qui a perdu l'équilibre et a dérapé sur les feuilles pourries. Mais l'autopsie n'a pas décelé de taux élevé d'alcoolémie ni d'autres formes d'intoxication. Pas trace de violence. Mort par noyade. Pourtant, il y a une chose qui me gêne. Pourquoi ce type avait-il perdu son pantalon ?
   La victime est inconnue dans le quartier. L'enquête du shérif suit son cours.
   Trois jours plus tard, un autre homme d'une quarantaine d'années – un comptable – est repêché dans les mêmes circonstances, à cette différence près qu'il est entièrement nu. Il a laissé ses vêtements en tas sur le quai. Dans ses poches, le shérif n'a pas trouvé d'addition.
   Au Blue Buzzard, on parle de paris stupides. À celui qui traversera la bassin à poil, après la tombée de la nuit.
   Les rondes de la police et celles qu'organisent quelques bénévoles, en particulier, des clients du Blue Buzzard, ne révèlent rien qui s'écarte de la vie habituelle du quartier : pépées qui fument et tapinent, ivrognes qui s'abreuvent d'injures, drogués qui se piquent sous les portiques et couples qui font l'amour dans les carcasses des vieux rafiots.
   Bob doit avoir une idée. Il cuisine Tonio :
    Tu es sûr qu'aucune victime n'a passé la nuit dans ton établissement ?
    Le Blue Buzzard est un débit de boissons.
    Tout le monde sait que tu loues des chambres à l'occasion.
    Oh ! Quelques amoureux par ci par là... Avez-vous trouvé une note d'hôtel sur la victime ?
    Bien sûr que non. Tu ne donnes jamais de facture, Tonio.
    Voyons, Bob ! Entre gentlemen...

   L'enquête piétine. Comme on pouvait s'y attendre. Un brave garçon, Bob. Mais si c'était un Sherlock Holmes, ça se saurait.
   Chaque soir, il place deux de ses hommes devant le bassin tandis que lui-même surveille les entrées et sorties du Blue Buzzard. Pendant deux nuits, il ne se passe rien. La troisième soir, un violent orage éclate, vers onze heures. Sous les trombes d'eau et à travers la vapeur qui monte du sol surchauffé on ne voit plus rien.
   Quand la pluie s'arrête, un mort flotte dans le bassin.
   Et, avec la troisième victime – un douanier, les choses se corsent. Il est nu, comme un ver. Et il a eu les organes sexuels sectionnés.
    Ah ! Ah ! un crime de sadique, fait le chœur du Blue Buzzard.
   Joe donne lecture du San Juan Chronicle :
   Un dangereux maniaque sévit dans le quartier du port. Mais notre sympathique shérif en charge de l'enquête invite la population à ne pas se départir de son calme. L'identité du forcené est connue, son arrestation, imminente.
    Hum, fait Snyder le regard posé sur la mousse goudronneuse de sa Guinness. Un cas d'automutilation. Pourquoi pas ? C'est rare, mais ça se produit.
   J'ignore si Bob avait réellement une idée. S'il en avait une, elle était mauvaise, puisque la mort poursuivait son œuvre et que l'enquête piétinait.
   La mienne allait démarrer.
   Le soir suivant, toujours vers onze heures, j'entrevois, sous la lueur d'une lampe chassieuse, une femme qui fait les cent pas à la pointe du môle. Je me faufile pour mieux l'observer. Une inconnue. Assez belle fille. Un peu forte. Qu'est-ce qu'elle attend ? Selon toute probabilité, c'est une nouvelle. Elle ne ressemble à aucune des putains du port, connues de vous comme de la police : Susan la platinée, dite Cul double, Polly la Rousse, Dolores pattes en l'air.
   Des pas s'approchent. Des pas d'homme, lourds, hésitants.
   La femme a disparu. Sans doute a-t-elle descendu les marches qui mènent à la grève, accessible à cette heure de marée basse.
   Non, le lendemain, on ne signale pas de nouvelle victime.
   Mais, depuis ce moment-là, les habituées du trottoir n'ont pas refait surface. On ne voit que la nouvelle. Ou plutôt les nouvelles. Des filles bien roulées, pas tellement le genre du quartier. Curieux, elles se ressemblent toutes. Il n'y a guère que les perruques qui changent, passant par tous les coloris du coiffeur.
    On a renouvelé le cheptel, dit Tonio.
   Les clients du Blue Buzzard s'en trouvent à la fois intimidés et tout émoustillés.
   Jusqu'au jour où Polly la Rousse vient raconter ses malheurs :
    Ces pétasses, on sait même pas d'où qu'elles viennent. Ça change tous les soirs, mais c'est toujours la même. Et nous, on fait plus rien. Y en a que pour les nouvelles.
    La nouveauté, ça tue le petit commerce, dit Freddy, mi-figue mi-raisin.
    Et Bob, qu'est-ce qu'il fait ? demande un faux naïf.
    Rien ! répond la Rousse. Tout le monde a le droit de prendre l'air. Ça serait à vous de porter plainte. De dire qu'elles font la retape.

   Le lendemain, Tonio a la surprise de me voir arriver, un peu avant dix heures du soir, en galante compagnie. J'ai harponné la fille qui faisait les cent pas sur le môle. Encore une autre. Une nouvelle parmi les nouvelles. Une blonde au visage luisant sous un soupçon de maquillage.
    Monsieur le reporter est en service ? grimace le patron.
    Non, Tonio. C'est mon jour de repos.
   Tonio cligne de l'œil et dit à voix basse :
    Prenez la trois. La clé est sur la porte.

   Nous sommes dans la chambre. Il fait une chaleur étouffante. J'ouvre la fenêtre qui donne sur le bassin. Mais l'air extérieur est encore plus lourd. Je referme.
   La fille va se mettre en tenue de travail.
   Mais non. Sous la lumière crue de l'ampoule, sa peau a des reflets argentés et bleuâtres.
   Je lui demande :
    Pourquoi es-tu venue dans ce quartier du port ?
   Aussitôt, elle attaque, d'une voix rauque, avec un accent bizarre :
    Je sais qui tu es. Un journaliste. Tu ne viens pas pour le plaisir.
    Pas seulement.
    Tu viens pour savoir qui je suis.
    Je ne suis pas seul à me poser la question.
   L'œil globuleux, dépourvu d'expression, me fixe. C'est tout :
    Je ne suis pas d'ici.
    Ça se voit !
   Et je n'ose pas ajouter : ça s'entend.
    Peut-on savoir d'où tu viens ?
    Devine ?
    De loin. Et après ?
    Je viens d'un endroit que, chez vous, personne ne connaît. Vous ne savez même pas qu'il existe.
   Le monde est grand. Et je suis nul en géographie.
   Je transpire. La chemise me colle à la peau. Je l'enlève et me tamponne les aisselles. Bon Dieu ! ce qu'il fait chaud ! Pas trace de sueur sur la peau de la fille.
   Elle insiste :
    Je viens d'ailleurs.
    Sans doute. Sans doute. Mais ça ne veut rien dire.
    D'un autre monde.
   Elle se fout de moi. Ou bien elle est un peu dérangée :
    Qu'est ce qui nous vaut l'honneur de ta visite sur ce globe en folie ? Elle hausse les épaules :
    Quelle importance ?
   Je m'éponge. Elle reste au sec et me regarde en coin :
    Tu es pressé ?
    Pas tellement.
    Si on allait d'abord prendre l'air ? On dirait que tu en as besoin.
    Où ça ?
   Elle désigne la fenêtre. Je demande :
    Jusqu'au bassin ?
   Je la surveille. Elle n'a pas bronché.
   Je renfile ma chemise.
   Nous nous glissons dehors.
   Le quartier est désert. Pas de flic à l'horizon. Mais j'ai tout de même l'impression qu'on nous épie.
   Nous arrivons au bord du bassin. Les lampes clignotent sous un ciel lourd.
   On se promène, en amoureux.
   Puis la fille me prend la main et m'entraîne dans un coin d'ombre.
   Elle m'enlace. De son corps se dégage un violent parfum.
   Elle commence à me déshabiller.
   Maintenant, je l'aide à se dévêtir. Son corps, superbe, semble tout à coup diffuser une vague luminescence.
   Elle est nue. Un corps de déesse ! J'ouvre mon pantalon.
   Soudain, elle m'agrippe, plonge et m'entraîne dans l'eau noire. Curieusement, nous flottons sans effort, comme des bouées.
   La garce s'offre à moi, renversée, cuisses ouvertes.
   Je vais la prendre. Un de ces salopards de goélands se met à gueuler. En pleine nuit, surprenant ! Aussitôt, j'entends – à peine – la pendule de la douane qui sonne onze heures. Il était temps. Je me ressaisis.
   Le bain de onze heures !
   Ne pas la pénétrer ! Si tu la pénètres, tu y passeras, comme les autres.
   Tantôt elle prend les postures les plus affolantes, tantôt elle s'accroche à moi. De sa gorge sort un halètement, celui du plaisir - anticipé.
   La lutte sera longue. Je vais succomber. Tout à coup, je m'aperçois que je n'ai plus prise. Le corps de la créature se dégage de l'eau. Il s'élève. Il se dissout dans la nuit. Il disparaît.
    Oh ! Oh ! Steve ! fait une voix acidulée. Combien de Jack Daniel's pour en arriver là ?
    Désolé, Andy. Je n'ai jamais été plus sobre.
   Murmures dans la salle.
    J'émerge, reprend Steve. Je me hisse sur le bord du bassin. Sous le nez de Bob qui m'attendait à la sortie.
    Tu as vu ? je lui demande pour me donner une contenance
    J'ai vu. Et je t'arrête.
    À quel titre ?
    Suspect numéro un.
   Pauvre Bob ! Il voulait croire que la fille, je l'avais fait disparaître. Estourbie. Noyée. Trois jours durant, ils ont fouillé le bassin, à la recherche du corps. Hommes grenouilles, et tout le cinéma. Ils ont vidé la flotte. En vain. Pas trace de la pute. Envolée. Le journal avait besoin de mes services ; il a payé la caution. Et, bien sûr, la police n'a rien pu prouver contre moi. Un beau jour où il cherchait à noyer ses doutes, le shérif m'a fait des aveux. Il a tout vu, mais il ne veut pas et ne peut pas admettre que la garce a fondu dans les airs. Moi, je n'ai qu'un regret : j'aurais dû la cuisiner davantage. Elle aurait fini par parler. Elle en mourait d'envie. Et, pour ma part, j'ai choisi de dire la vérité sur les bains de onze heures, la vérité que le canard a escamotée.
    L'histoire de la soûlarde découverte ratatinée contre le môle, une semaine plus tard, et qui aurait été la meurtrière ? suggère Andy.
    Une mort qui arrangeait tout le monde, celle-là. Du bidon.
   Steve cogne sur la table :
    La vérité, je la dirai, même si ça doit me coûter mon job au San Juan Chronicle.
    Et c'est ? fait Andy.
    Rappelez-vous. La fille a déclaré : je viens d'ailleurs, d'un autre monde. Bon dieu ! je crois qu'elle disait vrai.
    Qu'est-ce qu'elle voulait au juste ?
    Savoir s'il se trouvait, parmi les indigènes de ce foutu bled, un mâle capable de résister à son étreinte.
    Et de s'en tirer entier. Pourquoi pas ?
    Vois-tu, Andy, il semble bien que tout rapport avec ces créatures soit fatal aux pauvres humains que nous sommes.
    Une E.T. venue tester les mœurs sexuelles des Terriens, dit Harry, le vieux professeur, à travers la fumée de sa pipe. Et, devant nos ratés, la créature insatisfaite se venge. Elle coupe. Elle tue.
    Un autre monde, répète Steve. Pendant que nous parlions dans la chambre, il me semblait que des images assez confuses traversaient mon cerveau.
    Elle t'envoyait des messages, fit Harry. Un cas de télépathie.
    Pourquoi l'aurait-elle fait ? Ça ne pouvait que m'inciter à la méfiance. Non, je pense que j'étais trop réceptif. Les images passaient malgré elle. Un autre monde que j'entrevoyais par flashes. Il rassemblait au nôtre, tout en étant différent. Décalé, en quelque sorte. Peut-être comme un décalque... Difficile à dire...
   Harry hoche la tête :
    Un univers parallèle. J'ai lu des trucs de ce genre. Une planète homologue de la Terre...
   Le regard du professeur se perd au plafond.
    Si c'est le cas, dit un voisin, ils, ou plutôt elles, récidiveront un jour.
   Steve s'ébroue et reprend la balle au bond :
    C'est pour ça que vous tournez autour du bassin, vieux dégoûtants ! Sait-on jamais ? En tout cas, celle-ci a été victime des termes de son pari : prouver qu'elle trouverait parmi les Terriens un mâle capable de résister à son étreinte. Messages ou non, il y avait une chose qu'elle n'avait pas prévue. Que je résisterais... sans consommer.
    Bravo, Steve ! s'écria Tonio.
   Et vous tous de faire chorus :
    Pour Steve, le héros, hip ! hip ! hourrah !
    Grâce à lui, les gars, conclut Tonio, et jusqu'à nouvel ordre, vous ne risquez plus rien. Rattrapez-vous ! C'est la tournée du patron.


FIN

© Pierre Jean Brouillaud. Reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur.

Le Bain de Onze heures a été publié dans la revue Miniature en octobre 2002.

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