«
Toujours personne ? »
demanda l'homme vêtu de soie noire. Il portait un costume
de marque, très élégant. Un décalage
absurde dans cet appartement sordide.
Le gamin fit signe que non, sans détacher les
yeux de la fenêtre. Il continuait à surveiller depuis
les fentes des stores sales, noircis par les miasmes des Nippon
Chemical Enterprises. Depuis des années, les immenses cheminées
de l'usine, pareilles à des gueules de dragons, brûlaient
les poumons du quartier. « Je le vois pas, murmura-t-il,
secouant la tête, d'un mouvement lent, régulier comme
ceux d'un mécanisme à ressort. Comment je l'reconnais
?
— Tu ne peux pas le reconnaître. Il porte
un masque recombinant. Chaque fois, il change de figure. Je te
l'ai dit cent fois, petit connard ! » L'homme en soie noire
tourmentait sa cravate violette de ses doigts couverts de bagues.
La présence du gamin l'énervait. Un foutu petit
déchet au cerveau fêlé. Dans le quartier on
l'appelait Game Over. Bien trouvé pour une cervelle grillée
par les jeux d'interface.
« J'm'escuse, répliqua d'une voix neutre,
le gamin qui se découpait en ombre chinoise squelettique
sur le rideau crasseux. Mais j't'ai pas entendu cent fois... J'ai
pas compté...
— Va-t-en au diable ! »
L'homme élégant soupira, fixant avec
dégoût le gosse couvert de guenilles. Un de ces nombreux
petits trafiquants de logiciels interdits, vêtus comme des
arlequins fous. Morceaux d'étoffe, métal, carton,
plastique, des centaines de déchets assemblés en
un kaleïdoscope dément. La mode de la nouvelle génération.
L'homme en noir cracha par terre. Quand il écoutait Game
Over, il avait des frissons. Il ne supportait pas cette façon
de s'exprimer... Sujet, verbe, compléments énoncés
en séquences trop logiques, arides, sans nuances. Le langage
de Game Over répétait des schémas simples,
économes. La grammaire et la syntaxe allaient droit au
but, sans perte de temps et sans fioritures inutiles. D'ailleurs,
l'esprit du gamin était comme son langage. Froid, immédiat.
Game Over, comme la plupart de ses contemporains, vivait dans
un jeu vidéo interactif où tout était possible.
Un univers virtuel où réalité et imaginaire
se confondaient, se superposaient comme les morceaux désordonnés
d'une mosaïque incohérente. L'adolescent se caractérise
par un coefficient très élevé d'imprévisibilité
tenant à sa perception particulière de la réalité,
répétaient les opuscules du Ministère des
Affaires sociales.
L'adolescent est un vrai fils de pute qui peut
te refroidir en pensant qu'il joue une foutue partie, se
dit l'homme élégant qui caressait son arme dans
la poche de son pardessus. Le contact du métal le calma.
Tôt au tard, je lui ferai sauter la cervelle, à
Game Over, et la partie sera vraiment terminée. Ces
déchets étaient bons à organiser un peu de
trafic, dans les meilleurs des cas à jouer les utilités,
mais c'étaient des articles à jeter après
usage. Il fallait les changer souvent, autrement ils te pétaient
entre les mains.
Bruit de pas. L'homme élégant sursauta,
la main serra l'arme. Personne ne pouvait lui tomber dessus à
l'improviste. Micmac surveillait l'escalier. L'escalier déglingué,
obscur et puant d'un immeuble en ruine, parmi tous ceux qui se
trouvaient à la périphérie du monde. Une
silhouette avançait dans la pénombre de la pièce.
La lumière rougeâtre du couchant, opacifiée
par les nuées toxiques des Nippon Chemical filtrait à
peine par le store à demi fermé. L'homme en noir
inspira longuement à travers le masque antismog. Ce con
de Micmac était monté sans avertir.
« La prochaine fois, je te descends, sale petit
bâtard ! »
Micmac haussa les épaules, sans se troubler.
Lui, il ne s'offensait pas, il ne s'offensait jamais. On l'avait
traité de bâtard des milliers de fois pendant
toute son enfance. Dans le quartier, tous les descendants du Grand
Métissage étaient traités de bâtards
ou encore de corniauds . Les "races pures"
quelle que soit leur souche, ne supportaient pas les fruits du
mélange entre ethnies. Même l'homme en noir éprouvait
un curieux malaise, un vague sentiment de répulsion devant
Micmac, fils de croisements séculaires entre des ethnies
diverses. Dans son code génétique, les caractéristiques
caucasoïdes se confondaient avec les négroïdes
et les mongoloïdes pour donner une symphonie bizarre, unique
et dissonante. « On voit personne, marmotta le bâtard
qui sirotait le contenu d'une boîte de merde qui pétille.
J'en ai marre de monter la garde. »
— Tu fais ce que je te commande, répliqua
l'homme élégant qui tourmentait la poignée
de l'arme dans sa poche. L'attente le rendait toujours plus nerveux,
plus irascible. Il était sûr qu'avant le soir, il
descendrait quelqu'un. Peut-être Game Over qui s'était
éloigné de la fenêtre sans son autorisation.
Le gamin fixait avidement la boîte que tenait Micmac. Les
adolescents adoraient la merde qui pétille. Elle
était vitaminée, légèrement euphorisante.
Si tu bois assez de merde, tu peux aussi oublier de manger,
et c'est toujours ça de gagné pour la ligne,
disait une publicité bien connue... Les Centres anti-anorexie
faisaient tout un cinéma pour obtenir le retrait de cette
boisson du commerce, mais mille morts d'adolescents en trois ans
ne suffisaient pas pour que le gouvernement ouvre une enquête
sur la merde qui pétille. Les excès de
vitesse en voiture, les suicides et les bagarres entre bandes
en tuaient beaucoup plus...
Abrutis, pensait l'homme élégant
tandis que Game Over luttait avec Micmac, essayant de lui arracher
la boîte. Foutu quartier de merde . Si le réparateur
n'arrive pas dans cinq minutes... Au diable ces rendez-vous tordus.
Il ne pourrait pas choisir des endroits plus convenables ?
« Si vous n'arrêtez pas, je vous descends,
soupira-t-il, agacé, pointant le pistolet sur les deux
adversaires. Vous me fatiguez, trous du cul. C'est clair ? »
Micmac cessa le premier. Game Over, profitant de la
distraction de l'autre, attrapa la boîte avec un hurlement
de triomphe. Gagné ! Maxi ! Bonus. Il avala le liquide
foncé avec un gargouillis de satisfaction.
« Si tu ne redescends pas, je te bute pour de
bon, sale bâtard », siffla l'homme en noir. Micmac
ne bougea pas. Le visage sans expression, il fixait un point derrière
l'homme élégant.
« Ça ne sera pas nécessaire. Me
voici. »
Dans la pénombre de la pièce, la voix
était basse, maîtrisée. L'homme en noir se
retourna d'un bloc, la lame rouge du viseur laser éclaira
un visage calme, décontracté, tout à fait
anonyme. Un visage de masque recombinant.
« Vous pouvez abaisser votre arme, Baron, Je
suis le réparateur. »
Malgré
son nom ronflant, le Baron n'était pas différent de
beaucoup d'autres sans-espoir venus sur le territoire de la Ligue
Panordique pour tenter leur chance. L'immigration clandestine en
provenance du sud alimentait un trafic lucratif, mené le
plus souvent par les méridionaux eux-mêmes. Mafia et
camorra, seules structures qui aient survécu à la
catastrophe socio-économique du Mezzogiorno, faisaient payer
au prix fort l'illusion d'un travail bien rétribué
dans les riches terres du nord. Une fois arrivés dans les
quartiers-ghettos de Mitove, immense gigantopole de la Ligue, les
clandestins devenaient très vite victimes ou bourreaux de
la criminalité organisée, par une sélection
naturelle dans laquelle cruauté et absence de scrupules étaient
les conditions nécessaires pour survivre. Le trafic de drogue
et de logiciels interdits, la prostitution adulte et infantile,
le commerce des organes, le clonage illicite et les homicides par
tueurs à gages constituaient les principales activités
menées par les clandestins à l'ombre des gratte-ciel
de Mitove.
Le Baron alias Gennaro Esposito, avait tenté
de survivre et de prospérer de son mieux dans l'enfer des
quartiers-ghettos. Il avait pratiqué divers commerces illicites,
acquérant une position de second plan, mais tout à
fait respectable dans la hiérarchie du crime organisé.
La police fédérale de la Ligue le recherchait depuis
un certain temps pour divers crimes, tous plus atroces l'un que
l'autre. Le Baron avait affronté bien des situations critiques
sans s'émouvoir. Jamais jusqu'alors il n'avait fait preuve
de nervosité pendant un travail. Cette fois, cependant,
la situation était différente. L'homme qui se tenait
devant lui, protégé par le masque recombinant, était
l'individu le plus mystérieux de la Ligue Panordique.
Le Baron abaissa son arme : « Tu es en retard.
»
— J'ai tourné un peu dans le quartier,
pour voir. Par mesure de sécurité. » Le nouvel
arrivant restait immobile, au milieu de la pièce, éclairé
par les torches de Micmac et de Game Over. Le Baron remarqua l'imperméable
gris de mauvaise qualité, les chaussures usées et
boueuses. Le réparateur était habile. Il aurait pu
se vêtir avec luxe et raffinement, mais il préférait
se confondre avec les sans-espoir du ghetto. Le Baron évita
de regarder le visage de l'inconnu. Cela aurait été
inutile. Le masque très mince qui adhérait à
son visage comme une deuxième peau, était capable
de recombiner des milliards de caractéristiques somatiques
en quelques nanosecondes. Un bijou de la technologie nippone que
seuls pouvaient se permettre les parrains des mafias internationales
et les agents des Compagnies Mondiales. Un instant, le Baron fut
pris de la tentation absurde d'arracher le masque, de voir le vrai
visage. Il chassa cette pensée avec un frisson. Découvrir
l'identité du réparateur signifiait emporter ce secret
dans la tombe. C'était l'homme le plus respecté, le
plus protégé du ghetto.
— Avez-vous apporté les composants ? demanda
l'homme en imperméable.
Le Baron fit signe à Game Over. Le gamin se glissa
hors de la pièce, puis rentra avec une petite boîte
de carton.
— Fais voir, dit le réparateur, dont les
yeux gris - pour le moment - frémirent.
— Pas encore -Le Baron saisit la boîte-
As-tu réparé les armes ?
L'homme en imperméable eut une vague expression
de dégoût et tira de sa poche un bout de papier replié.
— La valise contenant les armes est cachée
dans une décharge non loin d'ici. Sur cette feuille j'ai
marqué l'adresse et l'endroit précis.
Le Baron prit le papier entre deux doigts, fronça
les sourcils :
— Naturellement, il faudra faire confiance, comme
d'habitude.
— Naturellement. Je ne me promène pas dans
le quartier avec une valise pleine de ces trucs. Je peux voir les
composants, maintenant ?
— Ils sont à toi. Les copains de Micmac
viennent de se faire un centre de recyclage. »
Pendant les dix minutes qui suivirent, le réparateur
fouilla dans la boîte comme un gosse dans un paquet de bonbons.
Excité, il examina au moyen d'une loupe les hiéroglyphes
complexes des circuits intégrés, comme s'il lisait
dans un livre ancien à l'alphabet hermétique, mystérieux.
Les trois hommes étaient soudain devenus attentifs, respectueux,
comme s'ils se trouvaient devant les rites d'une étrange
magie. Les composants étaient soumis à un examen rigoureux,
impitoyable. Ceux qui convenaient disparurent dans la poche de l'imperméable,
les autres retombèrent en tintant dans la boîte.
Satisfait, le réparateur rendit au Baron les
pièces refusées.
L'autre haussa les épaules, renversa la boîte.
Les composants s'éparpillèrent sur le sol, avec des
bruits argentins.
« Pour nous, c'est égal. La semaine prochaine,
nous avons un travail pour toi. Tu peux réparer les appareils
à brouiller les relevés chronoscopiques *
? Il s'agit de trucs un peu compliqués...
____________
* méthode permettant de repérer
des objets ou des personnes dans le passé ou le futur.
— Je peux tout réparer, si vous êtes
disposés à payer, interrompit sèchement l'homme
en imperméable.
— On connaît tes tarifs. Tu seras contacté
comme d'habitude.
Sans un mot, l'homme en imperméable tourna les
talons pour sortir.
— Tu ne veux pas une escorte ? cria derrière
lui le Baron.
— Celui qui appartient au ghetto n'en a
pas peur, murmura l'autre qui disparut dans l'obscurité.
»
Quittant
le porche du vieil immeuble délabré, rongé
par les poisons de la Nippon Chemical, le réparateur modifia
encore son visage. C'était la cinquième fois de la
journée. Il se concentra sur le souvenir d'un clochard ravagé
par le nectar éthylique, boisson préférée
des alcooliques du quartier. Le masque enregistra en deux nanosecondes
l'information neuronique, se recombinant selon les caractéristiques
pré-choisies. L'homme en imperméable regarda avec
satisfaction son image dans une flaque sombre de purin chimique,
résultat d'un récent crachin. Les vêtements
et les chaussures correspondaient au personnage. Un parfait ivrogne
au dernier degré. Il pouvait poursuivre imperturbablement
sa route. Personne ne l'aurait remarqué, tant il se confondait
avec la cour des miracles du ghetto.
Cette nuit-là, il avait beaucoup de travail à
faire, beaucoup de sans-espoir à aider. Les gens du quartier,
ses gens l'attendaient, comme toujours. C'était
seulement pour eux qu'il traitait avec la mafia. C'était
seulement pour eux qu'il acceptait de réparer, tous les jours,
d'horribles instruments de mort. Il avait besoin de protection,
de composants électroniques en bon état... En échange
de ses réparations, la mafia lui fournissait du matériel
en quantité. Seuls les criminels réussissaient à
dévaliser, de temps à autre, les Centres de Recyclage
qui étaient super défendus.
Imitant
le pas incertain de l'ivrogne, le réparateur s'enfonça
dans le ventre du ghetto. Les rues, remplies des miasmes toxiques
de l'industrie chimique, étaient mal éclairées.
Le centre de Mitove, incendié par des millions de lumières
scintillantes demeurait très lointain. Là-bas, dans
la partie riche et protégée de la gigantopole, d'immense
tableaux digitaux projetaient sans arrêt des milliers de publicités
commerciales bariolées où étaient mises à
jour les données de la Bourse orientale. Sur les immenses
façades des gratte-ciel, sur les panneaux qui tournaient
dans la troposphère, sur les tableaux digitaux de toute la
planète, les Compagnies Mondiales célébraient
leur triomphe séculaire et définitif. Dans les quartiers
du ghetto, les rayons du Soleil Levant ne parvenaient que sous forme
de reflets affaiblis et pâles.
Le réparateur esquissa un sourire ironique alors
qu'il tournait dans une ruelle fangeuse. La patience orientale l'avait
emporté, en fin de compte. Elle avait triomphé de
toutes les tentatives pathétiques, désespérées
de résistance opposées par le reste du monde. Quand
la Ligue Panordique avait proclamé son indépendance
à l'égard du gouvernement central de Rome, bien des
années auparavant, elle avait cru pouvoir affronter avec
succès la concurrence industrielle du Continent Panaméricain
et du Bloc Oriental. Une illusion anachronique, qui lui coûta
alors très cher. Les macrorégions de la Ligue, comme
tous les centres industriels de la vieille Europe, avaient subi
en peu de temps l'écrasante superpuissance des nouvelles
Compagnies Mondiales, nées des cendres des multinationales
désormais obsolètes. Des managers aguerris, aux yeux
en amande, avaient très vite transformé la Ligue Panordique
en une zone d'exploitation commerciale, imposant aux industries
locales les productions les plus polluantes, les plus dangereuses
et les moins rémunératrices. Les urbanistes nippons
avaient baptisé Mitove la conurbation née de la fusion
des trois chefs-lieu de la Ligue, forgeant, avec la syllabe initiale
de chaque ville* un nom à vague
consonance orientale. Maintenant, la gigantopole s'étendait
sur des milliers de kilomètres carrés, depuis les
Alpes jusqu'aux ruines d'une très ancienne cité lagunaire
sauvée des eaux et transformée par les Nippons en
une retraite exclusive pour managers au repos.
Le réparateur s'arrêta devant un petit
portail de fer rouillé. Après un bref coup d'œil
autour de lui, s'assurant qu'il était seul dans le passage
désert, il poussa les vantaux rongés par les vapeurs
acides. Il se trouva dans une courette obscure, sale, pleine d'immondices.
Aux quatre angles se trouvaient des rampes d'escalier ébréchées,
éclairées par la clarté spectrale d'une ampoule
électrique. Rien à voir avec les coûteuse lampes
à influorescence moléculaire, orgueil des luxueuses
résidences de Mitove.
________________
* Milano-Torino-Venezia
(NDT)
L'homme
en imperméable gravit lentement un escalier, entre les sinistres
jeux d'ombre de l'ampoule. Il connaissait l'endroit. Il y était
venu d'autres fois. Tout en montant, il modifia encore les traits
du masque recombinant. Il ne voulait pas présenter chez Dora
un visage de clochard. Non sans un brin de coquetterie, il pensa
intensément au visage d'un modèle entrevu quelques
jours plus tôt, dans une publicité numérique.
Il
fit halte au quatrième étage, devant une porte imitant
le bois, couverte de griffures. D'ordinaire, elle était ouverte,
mais, cette nuit-là, Dora ne travaillait pas. Il frappa lentement,
trois coups à intervalles réguliers, selon le nouveau
code. Il le changeait souvent, chaque client ayant le sien.
La
porte s'entrouvrit aussitôt. Dora l'attendait.
L'homme
se glissa à l'intérieur, par l'entrée obscure,
sans dire un mot. Dans les ténèbres, il perçut
un parfum intense, chaud, la tiédeur d'un corps.
« Toujours
à l'heure »,
murmura la femme qui alluma la lumière. Dans le quartier,
les habitants avaient la voix rauque ; du fait des fumées
de la Nippon Chemical qui rongeaient les poumons. Mais le timbre
de Dora n'était pas déplaisant. Il ajoutait une
touche de sensualité tendre, intrigante. «
Tu es vraiment aussi beau ?
» demanda-t-elle en dévisageant
l'homme. Les yeux verts, perçants, félins se réduisirent
à deux fentes.
—
Tu ne le sauras jamais, plaisanta le réparateur, qui secoua
la tête d'un air solennel.
—
On ne peut pas se fier à toi, sourit la femme. Trop mystérieux.
—
Cruelle nécessité. Je ne peux même pas me fier
à moi-même. Ario est là ?
—
Dans sa chambre. Il t'attend.
»
L'homme
longea le couloir sombre, étroit, précédé
de la silhouette sinueuse, élancée, en kimono de
soie. Sous le tissu léger, souple, bariolé, le réparateur
devinait le dessin des formes parfaites. La démarche de
Dora rassemblait à celle d'une bête de proie, élégante
et indolente.
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03/01/05 |