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Jean-Pierre Planque
Outre les nouvelles et articles repris sur le site INFINI, Jean-Pierre Planque a
récemment publié :
-
Chauffée à blanc ( site Le Rayon du Polar, janv. 06 )
- Divine Épouse (« Perles de Poésie », anthologie, Les Dossiers d'Aquitaine, juil. 06 )
-
La Vie et la mort des cigales ( Khimaira, oct. 06 ; Futuro Europa, déc. 06, Italie)
- Peau douce, peau froide (Malpertuis I, anthologie, oct.09)
- Les Morts avec les morts (Ténèbres 2010)

Je suis le spectre de ton corps noir est paru, traduit en espagnol par Tanya Tynjälä ( Soy el espectro de tu cuerpo negro ) sur le site Breves no tan breves... (mars 2010)

 

Je suis le spectre de ton corps noir

Jean-Pierre Planque



   On notera que la luminance d'un corps noir est d'autant plus grande que la température est plus élevée. La loi de Planck montre également que le rayonnement du corps noir est le même dans toutes les directions : il est isotrope.



  
  À
certaines heures pâles de la nuit, quand je suis loin de toi, je t'imagine tout à fait normale. Tu es simplement nue. Tu portes juste un string rouge sang et des talons-aiguille. Vieux fantasme de mec, comme tu dis... Tu m'entraînes vers ton lit où dorment trois doudous.
   On les pousse doucement pour avoir de la place.
   Ensuite, je prends tes lèvres, caresse tes seins. Tu gémis.
   Tu dis : « Fais-moi jouir fort. Mais n’oublie surtout pas la tendresse. »
   La température monte.
   J'entre lentement en toi, par derrière. J'embrasse tes épaules, tes oreilles et ton cou. Mes lèvres implorent la douceur de ta bouche. Tu me mords. Tes ongles griffent mes épaules. Mon sexe glisse profond en toi, et tu le serres pour le garder.
   La jouissance n'est pas encore là. C'est long. Tu me veux, et en même temps tu crains d’aller trop vite. Quand je prends tes lèvres, tu as envie de hurler, de me crier : « Par pitié, oublie-moi ! Je ne veux plus de ça, plus jamais ! J'ai trop souffert de ton absence ! »
   Les doudous se réveillent et nous regardent. Ils ne comprennent pas. Du sang séché macule leur cou. Ils ne sont pas vivants.
   En riant, tu me dis : « Tu les connais, ce sont mes en-cas, mes amuse-gueule pour quand tu pars trop loin… » Puis tu ajoutes d’une voix aiguë : « Je suis ta femme, Chéri ! Ne me déçois jamais... »
   Ta langue empale ma bouche comme un poignard. La soie noire de tes cuisses emprisonne mon bassin. Ta trompe se déroule et s’enroule au dessus de ma tête, fait vibrer l’air d’obscurs mantras.   
   L’instant de ton plaisir ultime est enfin arrivé !
   Tout va recommencer.
   Quand je serai parti, tes trois fils se disputeront longtemps les restes de mon corps au pied de notre couche.
   Mais il faudra revenir…

   … cela montre que hn = hc/l est de l'ordre de kT, ce qui entraîne que l varie comme l'inverse de T.
   Et c'est terrible ! J'ai toujours pas compris. Si je suis T, l est le pire des salauds...



FIN



© Jean-Pierre Planque 2007. Reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur.

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09/03/07