Francis Schall est un ami de 30 ans. Je l'ai rencontré rue des Petites Ecuries, dans le 10ème de Paris. C'était chez Jean-Charles Rodriguez. Nos fanzines "Nadir" et "Demain" avaient envie de fusionner. Je me souviens même que Nadir avait reçu un roman inédit de Pierre Pelot. Ca ne s'est pas fait. J'ai toujours estimé Francis, à la fois en tant qu'homme et en tant qu'écrivain. Aujourd'hui, je suis heureux de l'avoir retrouvé et de vous proposer quelques unes de ses nouvelles.
Je me souviens de deux de ses nouvelles : Après Tharsis dans DEMAIN et Les Chaises du Luxembourg publiée par Markus Leicht dans AMERIANE. Après ? Il est parti pour Toulouse. Je crois qu'il s'est bagarré pour l'écologie, qu'il a participé à une émission de radio SF(Canal SF et Compagnie, sur Toulouse). En ce moment, il écrit un gros bouquin sur Star Wars avec
Doctor SF...

 

La petite fille sans allumettes

Francis Schall



  – Inutile de l’attendre plus longtemps, il ne viendra plus maintenant…
  Elle me tirait par la main, impatiente.
  — Mais ce n’est pas possible ! J’ai vraiment besoin de le voir !
  — Arrête de faire la capricieuse : tu sais bien qu’il ne vient pas tous les jours ! Surtout en cette saison…
  — Je m’en fiche ! Je veux l’attendre encore !
  — Allez, ne soit pas sotte ! Regarde ma montre : il est bien trop tard ! Dès que nous serons rentrés, nous ferons une prière pour qu’il vienne demain. Tu n’auras qu’à lui donner rendez-vous au moment de son réveil, sur la plage, par exemple, c’est un très bon endroit pour le retrouver…
  — Non ! Pas la plage ! Sur la plage c’est tout plat, on peut pas jouer à cache-cache ! Et puis j’aime pas la mer ! Non, non, et non ! Je veux qu’il vienne tout de suite ! Du côté des dunes ! Je veux qu’on danse tous les trois avec les flammes naissantes ! Ce sera trop joli ! … »

 Comme la gamine ne voulait rien entendre, je la saisis fermement et la remis dans sa boite. Elle se débattait tant que j’eus du mal à fermer le couvercle. Les personnages de contes de fées sont tellement capricieux, agités… On a beau les aimer, être responsable de leurs rêves est une redoutable aventure.
  Pendant tout le chemin du retour, je dus supporter ses pleurs, ses insultes maladroites et ses cris difficilement étouffés par les parois de bois.
  Autant je maudissais ses espoirs, autant j’avais honte de ma précipitation. Après tout, depuis de trop nombreuses années, nous savions tous qu’il n’avait plus d’horaire précis, le soleil.



FIN

Francis Schall
Toulouse – Août 2000


© Francis Schall. Reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur.

Nouvelles

Compétence

Mémoire de sable


23/08/05