Deuxième Partie : de 1976 à 1986

Mouvance

6. Mouvance, une expérience unique

« Il est possible de proposer un travail de qualité aux lecteurs sans pour cela disposer de grands moyens. L'alternative est de s'appuyer sur deux bases solides : un projet précis et définitif d'une part ; le fait de s'installer dans la durée d'autre part. » (1)
   Durant huit ans, de 1976 à 1984, et à raison d'un volume par an, la série Mouvance dirigée par Bernard Stephan et Raymond Milési explorera chacun des différents aspects de la notion de pouvoir. Collaboreront à ce "contrat" les auteurs les plus talentueux de la S-F française : Jeury, Walther, Hubert, Pelot, ainsi que les meilleurs critiques du genre : Bozetto, Guiliani, Guiot, Bonnefoy ; sans oublier les plumes les plus représentatives de la nouvelle S-F qui publient par ailleurs dans les pages de Fiction, Univers ou de la nouvelle collection Ici et Maintenant dirigée par Bernard Blanc.
  On verra se presser au sommaire de cette série unanimement saluée par la critique les noms de Boireau, Mondoloni, Dunyach, Jouanne, Lamart, Stolze, Lecigne, Corgiat, Wintrebert, sans oublier Léourier ou Vilà...
   "Mouvance" sera un dossier, un outil de réflexion qui se lira d'un bout à l'autre comme un roman. Présentation soignée, textes de grande qualité, les anthologistes fourniront un véritable travail d'artisan hors des circuits traditionnels de l'édition et garderont le cap du début à la fin. Car il ne s'agira pas de faire des concessions à la mode, ou encore de gagner de l'argent en chemin ; le centre de leur démarche sera la prise de parole, la dimension "communication" de la littérature. Au fil des ans, les contacts avec les auteurs deviendront très denses et des confrontations d'idées naîtront et se réaliseront de nombreux projets (notamment le groupe Remparts, qui existe encore actuellement) ; les lecteurs, quant à eux, joueront un rôle de plus en plus actif.



   La série "Mouvance", qui s'est principalement vendue lors des conventions et par correspondance, marquera à la fois le fandom et la S-F en général. Il y a plusieurs raisons à cela : Bernard Stephan et Raymond Milesi ont montré qu'il était possible de mener à terme un projet ambitieux et original sans disposer de gros moyens ; d'autre part, la qualité professionnelle de leur travail et celle des textes réunis (16 études et entretiens et 55 nouvelles, dont plusieurs furent primées) ont fait de cette série un tout incontournable pour saisir l'évolution du genre à une époque déterminée. Ce n'est pas rien ! Nous verrons que la production fanique, forte de cette expérience doublement réussie ira, au fil des années, vers un professionnalisme de plus en plus affirmé.

7. Le second âge d'or d'avant la récession

   La sortie du premier numéro de "Mouvance" (Les Moyens de communication de masse) se fait donc en 1977. Comme je l'ai dit dans la première partie, c'est l'année où pas moins de quarante collections sont recensées, où publications faniques et revues S-F naissent et meurent à un rythme soutenu. Les fanzines Demain, Espace-Temps, Dimension 5, À la poursuite des Sffans se sont occupés à découvrir de nouveaux talents en se bonifiant de numéro en numéro. À côté du magazine Fiction, qui existe depuis 1953, Piranha (n°3 en mars 77) a remplacé Spirale disparu après six numéros. Il est encore trop tôt pour parler de S-F francophone, mais les fanzines suisses (Futur antérieur), belges (Octazine, Xuensè) et canadiens (Requiem, qui deviendra Solaris) circulent allégrement. Ca bouge beaucoup !
   Côté pro, les anthologies se sont succédées depuis 1975 : "Utopies 75" (Ailleurs et Demain), les "Retour à la Terre" de Jean-Pierre Andrevon (Denoël), les "Nouvelles frontières" d'Alain Dorémieux (numéros spéciaux du magazine Fiction) et "Univers", l'anthologie trimestrielle dirigée par Yves Frémion chez J'ai Lu ; sans oublier les "collectifs" édités chez Kesselring par Bernard Blanc. C'est ainsi qu'une flopée de nouveaux auteurs ont pu sortir de l'anonymat. Les possibilités d'édition S-F n'ont jamais été aussi grandes qu'à la fin des années 1970.
   Andrevon s'en inquiète, dès octobre 1976 : « ... Quand même, cette prolifération a quelque chose de démentiel : c'est en tout cas une bonne métaphore du capitalisme qui se dévore lui-même (...) La récession a beau se faire attendre, elle viendra fatalement un jour, lorsque nombre de collections, faute d'acheteurs, verront qu'elles tombent en dessous du seuil de rentabilité. Ce jour-là, il y aura des coupes sombres, et seules survivront les séries de Poche et quelques collections de prestige aux mains d'éditeurs costauds. »(2)
   Belle lucidité ! Dix ans plus tard, il restera quatorze collections et la situation décrite par Andrevon ne sera pas très éloignée de celle que nous connaissions encore il y a à peine trois ou quatre ans. Mais restons un peu dans ce second âge d'or...


8. Danger, travaux !

   Toujours en 1977, lors de la Convention de Limoges qui réunit les fans de France et de Navarre, est lancée une véritable bombe : Elisabeth Gille (nouvelle directrice de collection chez Denoël) et Philippe Curval (auteur de romans majeurs comme "Le Ressac de l'espace" ou "L'Homme à rebours") proposent de créer une anthologie non thématique réservée aux débutants et aux jeunes auteurs dans le cadre de la collection "Présence du Futur". C'est un pari qui, pour beaucoup, semblera complètement fou. L'anthologie Futurs au présent paraîtra pourtant l'année suivante et réunira dix-sept nouvelles de très haut niveau. Le grand public découvre ainsi de nouveaux talents qui, reconnaissons-le, ne sont pas tous étrangers aux lecteurs de fanzines, revues et magazines.

   Comme la série « Mouvance », « Futurs au présent » fera date. Il est important de noter au passage que Curval n'a pas retenu les textes "engagés" ; que, tout en faisant une offre en apparence ouverte, il avait en tête une idée précise de ce que doit être un bon texte de S-F, à savoir : « Un travail original sur l'imaginaire fondé sur un contexte logique en même temps qu'une réflexion personnelle sur l'écriture. »(3) On peut aussi se demander si ce projet n'était pas, en fait, destiné à montrer qu'il était possible d'écrire autre chose que des textes « branchés politiquement ».

Futurs au Présent

   Quoi qu'il en soit, un retour au formalisme, à la sacro-sainte qualité littéraire est en cours. « Bon voyage dans la carrière, les gars, écrira Michel Jeury, c'est dur mais il y a des moments pas trop tristes... »(4) Il est vrai que la plupart de ces p'tits gars (les filles aussi) publieront bien d'autres textes dans des supports professionnels, voire des romans : Jean-Pierre Vernay, Gérard Coisne, Bruno Lecigne, et puis, surtout, Jean-Marc Ligny et... Serge Brussolo qui connaîtra, lui, une réussite exceptionnelle dès le début des années '80.

9. Le retour rampant du formalisme

« La SF des animateurs, celle des villes et des régions, se prolonge en cercles amicaux bien implantés ; elle ne mobilise plus les foules. Peut-être l'avenir de la SF est-il international ; c'est sur ce plan que les professionnels s'organisent... »(5)

Sf &  Quotidien

Même si le quotidien Libération a continué d'offrir chaque semaine une pleine page (nouvelle ou critiques) à la S-F, le début des années 1980 sera marqué par la récession. Aux côtés du magazine Fiction qui vient de passer un cap financier difficile et rappelé Alain Dorémieux aux commandes, le prozine Opzone dirigé par Francis Valéry a survécu pendant sept numéros avant de déposer le bilan. Le n°1 de SF et Quotidien est paru en novembre 1980 ; c'est un mensuel diffusé par les NMPP, une revue laide et mal foutue qui réunit, en gros, les copains de Bernard Blanc. Cette entreprise durera à peine un an.
   Les revues ne sont pas viables et les anthologies commencent à marquer le pas. Futurs publiera trois numéros en 1981, Bientôt, quatre numéros et Orbites, édité par les Nouvelles Editions Oswald, tiendra lui aussi le temps de quatre numéros. Malgré de gros moyens financiers, une parution régulière et un contenu tout à fait correct, ces deux dernières publications ne parviendront pas à toucher un lectorat suffisant pour tenir.
   "L'Année de la Science-Fiction et du Fantastique", cet annuaire magique qui, sous la direction avisée de Jacques Goimard, passait au crible tout ce qui s'était fait dans tous les médias (presse, édition, cinéma, radio, vidéo, B.D, jeux, musique, arts plastiques) publiera son dernier volume en 1983 aux Editions Temps futurs. C'est Daniel Riche, l'homme providentiel des enterrements de luxe, qui en assurera la direction en lui offrant une mise en pages modernisée.
   Côté fanzines et édition marginale, la récession sera moins marquée. Les Oiseaux des pierres sourdes (quel joli titre !) publient les premières nouvelles de Serge Brussolo, ainsi que d'autres auteurs qui commencent à être connus : Gérard Coisne, Jean-Pierre Vernay (tous deux publiés quelques années avant par Demain). L'information trouve sa place, ainsi que la critique dans les pages d'Espaces libres (réalisé par Stéphane Nicot) ou de A et A Infos, émanation d'Ailleurs et Autres dirigé, lui, par Francis Valéry depuis... 29 numéros.
 
   Il y a les fans, les passionnés qui se regroupent en association (le SFfan de Jean Milbergue à Rambouillet, le Club Rencontres SF à Paris, ou encore le Club Vopaliec à Angers), organisent des rencontres thématiques, voire des conventions, discutent S-F, publient des fanzines plus ou moins bien foutus. Des équipes, et puis des solitaires tout aussi passionnés (Jean-Pierre Moumon imprimera la revue Antarès de 1981 à aujourd'hui), les maniaques qui aiment les choses bien faites, et les perfectionnistes. Quand on y réfléchit, c'est certainement là, dans ce vivier en constante ébullition que Roland Wagner s'amusa à mettre en scène dans "Le Cycle du Fandom" (6), que se trouvent les gens les plus sympathiques, les plus fous, les plus increvables.
   Alors ? Faut-il penser avec Michel Jeury, que « les fans et le fandom continuent de démanteler le peu qui reste de la SF française, qu'ils ont rendue exsangue », ou encore, que « le fandom doit disparaître pour que la Science-Fiction française puisse vivre sa vie et devenir une littérature comme les autres »(7) ? Je ne le crois pas. La science-fiction française a probablement beaucoup plus souffert, au moins dans ces années-là, de la politique incohérente menée par certains directeurs de collection... On a vu que la viabilité des revues était fortement liée à la conjoncture, mais que les écrivains qui voulaient être lus trouvaient toujours les pages des fanzines pour progresser dans l'écriture ; on verra que des ponts relieront l'édition professionnelle et le milieu amateur.
   Aujourd'hui, sans quelques volontés issues du fandom et regroupées pour la plupart en association, la science-fiction française serait quasiment morte. Nous y reviendrons plus à fond dans la troisième partie.

10. Un bel exemple de réussite

   En mars 1983, l'Association « Rencontres SF » publiait le numéro 2 de SFère. C'était un quasi-torchon de huit feuillets A4 agraffés au centre, avec une couverture bleuâtre illustrée d'un minable dessin. En feuilletant cet inestimable produit, le lecteur potentiel ( et surtout courageux ) trouvait des textes photocopiés de façon à peine lisible. Oui, à n'en pas douter, c'était un fanzine ! Un semblant d'article sur l'Heroïc-fantasy, une page sur le "feeling de la S-F", deux nouvelles plutôt médiocres, quelques critiques de romans et de films, une B.D absolument nulle, et le tour était joué...

   En décembre 1983, SFère publiait son numéro 10. Soixante pages au format A4, des textes tapés sur deux colonnes, un tirage photocopie impeccable, une couverture illustrée, ornée d'un logo d'enfer ! À l'intérieur : un dossier Philippe Curval composé d'un interview, d'une nouvelle inédite (qui fut reprise dans le recueil Debout les morts... un an plus tard), un survol bibliographique suivi d'une courte analyse de l'œuvre.

SFère n°10

   Il faut dire que le Club « Rencontres SF » avait reçu Curval chez lui, ou plutôt dans l'arrière-boutique d'une librairie amie, et qu'il avait organisé une animation publique autour de cette rencontre. Vingt-deux personnes avaient participé à ce  numéro. Nouvelles, articles, dessins, tout y était. Et l'expérience s'est renouvelée... Avec Marianne Leconte (critique et anthologiste), Kelek et Nicollet (peintres et illustrateurs), Joëlle Wintrebert, Roland Wagner et Daniel Riche, Serge Brussolo -qui les accusera, après coup, de l'avoir attiré dans un traquenard.

   Chaque rencontre fournissait la matière à un dossier et la parution de SFère resta longtemps mensuelle. Il y eut aussi des dossiers consacrés à Moorcock, au "Polar dans la SF", à Silverberg, à la XIe Convention de Nancy (8). Et puis, un dossier "Utopie et Science-Fiction", un dossier "SF Post-cataclysmique" (accompagné d'un interview de Jean-Pierre Hubert). L'équipe de SFère trouva même le temps d'organiser un concours de nouvelles doté de prix ; un concours réussi, dont les deux premiers textes primés reçurent plus tard certains honneurs (9). Pour être tout à fait complet, il faudrait ajouter l'édition (en numéro spécial) d'un roman de Roland Wagner -Le Serpent d'Angoisse- qui, remanié, fut réédité au Fleuve Noir en 1987.
   Malgré tout ce travail (25 numéros) et toutes ces réussites, l'équipe de SFère ne se prit jamais la "grosse tête". Au fond, la clé de la réussite se trouve peut-être là -dans la fanédition comme ailleurs : garder les pieds sur terre, rester conscient de ses moyens...

11. Des pros et des moins pros...

   Entre mai 1980, date à laquelle Daniel Riche lui "rend" les clés de Fiction et octobre 1984, date à laquelle il s'exile à nouveau, Alain Dorémieux accomplit un énorme travail d'ouverture qui va dynamiser le milieu SF tout entier. Il publie de nouveaux jeunes auteurs et ouvre des rubriques aux jeunes critiques. Voici la fin de son éditorial au numéro de juin : «... J'ai eu droit à des sourires ironiques de la part de certains amis, parce que j'introduisais dans Fiction des membres du fandom. Ces derniers sont souvent considérés avec une condescendance légèrement méprisante de la part des professionnels parisiens de la SF. Pourtant, on rencontre parmi eux d'authentiques spécialistes et surtout des gens qui font ça avec amour et enthousiasme, et non par sinistre ambition et morne routine. Je continuerai donc, dans une large mesure, à faire appel aux compétences de ces jeunes que les vieilles équipes en place considèrent comme des amateurs tout juste bons à pondre des notules bouche-trou pour l'Annuaire de Goimard, mais sûrement pas à devenir des collaborateurs attitrés d'une revue. Fiction ne s'en portera pas plus mal, je crois -au contraire. »

   C'est vrai que le profond mouvement de maturation, qui avait commencé au sein du fandom au début des années 1980, commençait à porter ses fruits en 1984. On craignait que l'alliance entre professionnels et amateurs du genre, que ce soit au niveau des auteurs ou au niveau des éditeurs, donne des produits bâtards ou de médiocre qualité et l'on avançait prudemment le terme de "semi-professionnalisme".
   Il n'en fut rien ! Un tout cohérent, une synthèse harmonieuse, voilà bien vers quoi semblait s'acheminer, courant 1984, la production écrite de science-fiction, et l'on ne voyait plus très bien les limites entre fanzines, revues pro ou semi-pro. Nécessaire évolution aidée par Alain Garguir avec Proxima (le n°1 de ce prozine trimestriel tiré à 2000 exemplaires sort début 1984), par Jean-Daniel Brèque avec Arachne (anthologie de fantastique moderne), par Stéphane Nicot via les "Espaces imaginaires" (anthologies semestrielles publiées au Québec) et Imagine... (revue canadienne née en 1979 et qui ouvre ses pages aux auteurs de l'Hexagone), ou encore par Michel Cossement dans les pages de SFère.
   Des relais fonctionnent entre éditeurs, auteurs, critiques, libraires et associations ; relais inexistants quelques années plus tôt. Est-ce un effet du Socialisme ambiant ? En tout cas, les échanges existent réellement, ainsi que les étroites collaborations. Par exemple, on verra l'édition, par l'association "Flatland", d'un catalogue de grande tenue réunissant les productions Proxima, Vortex, Arachne, Découverte Australe et Magie rouge (fanzine belge consacré au fantastique) ; on assistera à la naissance de l'association INFINI (10), à l'édition de nouvelles revues (Proxima, Continuum, Nous les Martiens) et d'anthologies de grande qualité ("Espaces imaginaires", "Futurs intérieurs", "Les Amazonardes").

Ere Comprimée n°26

  On pourra lire, dans Fiction, des rééditions de nouvelles déjà découvertes dans des productions faniques ("Faire-part" de Roland Wagner, ou "Karma" de votre serviteur), quand ce n'est pas à l'occasion de concours ("Le Fantôme du Grand" de Guy Grudzien), des articles "empruntés" à Ère Comprimée (une revue de B.D qui publie régulièrement des nouvelles S-F, des entretiens, des critiques).

   L'information circule et chacun joue un rôle important : Raymond Milési, défricheur on l'a vu avec Mouvance, signera la rubrique "L'Image et la Trame" dans Fiction, Stéphane Nicot s'interrogera, dans le n°4 de Proxima, sur la véritable fonction du critique ; Elisabeth Gille lancera l'idée d'un second "Futurs au présent" (11) lors de la XIe Convention de Nancy. Tout le monde travaille ensemble ; les projets ne manquent pas pour élargir les horizons de la S-F française.

12. Le phénomène Serge Brussolo

Serge Brussolo

 

« ... Si vraiment Brussolo est novateur et intéressant exclusivement par la forme qu'il met en jeu, pourquoi ne pas dorénavant raconter toujours le même récit : il suffirait de ne travailler que les apparences, si le fond est sans importance. On voit le danger d'un formalisme pur et dur. Rien n'est simple. »(12)

   Les années 70 avaient été les années Jeury ; les années 80 seront les années Brussolo et tout le monde s'accordera à parler de "réussite exceptionnelle". Après un bref passage dans les fanzines À la poursuite des SFfans et Espace-Temps, ou dans les revues Argon et Piranha, Serge Brussolo verra sa nouvelle "Funnyway" retenue par Philippe Curval pour l'anthologie "Futurs au présent". Ce texte recevra le Grand Prix de la meilleure nouvelle l'année suivante. On trouvera une autre de ses nouvelles ("De l'érèbe et de la nuit", d'abord publiée dans Libération) dans "L'Année 1979-1980 de la Science-Fiction et du Fantastique". Suivront deux recueils de nouvelles chez Denoël dont le premier ("Vue en coupe d'une ville malade", 1980) recevra à son tour le Grand Prix de la Science-Fiction Française, catégorie Roman ou Recueil. Son second roman, "Sommeil de sang", suit en 1982. Il est ovationné par la critique et reçoit le Prix du 7e Festival de Metz, catégorie Roman. Ca n'arrête pas...
   Ce diable de Brussolo impose sa marque ; il est partout, publie roman sur roman (onze titres en deux ans ! ) On l'avait vu chez Fernand Nathan ("Les Sentinelles d'Almoha", 1981), puis chez Denoël ; le voici au Fleuve Noir, en même temps que chez Jean-Claude Lattès ("Traque-la-mort", 1982). Il rafle tous les prix (Prix Apollo 1984 pour "Les Semeurs d'abîmes", Fleuve Noir) et ses nouvelles sont régulièrement rééditées dans "La Grande Anthologie de la Science-Fiction" que publie le Livre de Poche.
   À la fin de l'année 1986, Serge Brussolo a déjà publié vingt-six romans ; il est passé plusieurs fois à la radio, à la télé ; ses livres ont été appréciés dans les plus grands journaux : de L'Express à France-Soir, en passant par Les Nouvelles Littéraires ou Le Quotidien de Paris. La machine Brussolo ne s'arrêtera pas de produire des romans, dans tous les genres : SF, Fantastique, Polar, Récit historique... La "Collection Serge Brussolo" sera créée aux Editions Gérard de Villiers ; il passera à "Apostrophe", aura même son Fan-Club qui éditera le Bulletin d'information brussolienne (13). Amen !

 

[ Troisième partie : de 1987 à nos jours (1996) ]

 
NOTES

1. Bernard Stephan et Raymond Milési, in "Notes pour le bilan d'une expérience". [ Retour ]
2. in Fiction n°273 (page 161). [ Retour ]
3. in "Danger, travaux !", préface à l'anthologie. [ Retour ]
4. in Fiction n°292, juillet-août 1978. [ Retour ]
5. Jacques Goimard, in "L'Année 1981-1982 de la Science-Fiction et du Fantastique". [ Retour ]
6. In Vopaliec-SF. [ Retour ]
7. In "Bulletin Remparts" n°1 (Année 1994/1995). [ Retour ]
8. In SFère n°19 (oct./Nov./Déc. 1984) [ Retour ]
9. "Le Temps des réfractaires" de Anne Vève fut repris dans "Univers 1987"; "Le Chemin de la Rencontre" de Sylvie Lainé reçut le Prix Rosny Aîné de la nouvelle en 1986. [ Retour ]
10. INFINI, Association Professionnelle de la Science-Fiction d'Expression Française (à quoi sera ajouté : "... de la Littérature et des Arts de l'Imaginaire"), a été fondée en mars 1984 et compte en 1996 plus de 130 adhérents. [ Retour ]
11. Cette anthologie, qui aura pour titre "Superfuturs", sera réunie et pré-sentée par Philippe Curval et paraîtra chez Denoël en octobre 1986. [Retour]
12. Dominique Warfa, in "Fiction", juin 1983. [ Retour ]
13. "Brussolo Infos", sur simple demande à : 3ARP, 7 impasse Robert, 75018 Paris (Tél : 01.44.92.09.15.) [ Retour ]