Angel Olivera Almozara 

Angel Olivera Almozara, qui est âgé de 43 ans, travaille dans une agence de voyages.
Il réalise des bandes dessinées, qu'il publie essentiellement dans des fanzines, ainsi que des travaux
graphiques pour la ville de Cadix, en Andalousie, où il réside.
Il a publié un roman et en a d'autres en préparation.
L'Horreur sans Nom fait partie, avec La Fin des Temps et Guetteurs de l'Abîme, d'une série de textes dans lesquels l'auteur espagnol évoque la lutte inlassable que son personnage favori, le père Flanagan, prêtre américain, mène contre les puissances des
ténèbres.
L'Horreur sans nom a fait l'objet d'une première publication dans KHIMAIRA (juillet 2002). Deux autres
nouvelles d'Olivera ont paru dans MINIATURE.

 

 

Adresse de l'auteur :
Desamparados 2-3°
11005 CADIX
On peut le joindre par l'e-mail de son frère :

fritz@ethiopes.com
Il comprend un peu le français. Le joindre plutôt en anglais, à défaut d'espagnol.

 




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La Aventures du père Flanagan, pdf, 1Mo

L'Horreur sans nom
ou L'Épouvante du Père Flanagan

Illust. Angel Olivera
[ Illustration de l'auteur ]

   Nous étions sept. Sept personnes effrayées mais résolues quand, par cette atroce nuit de novembre 1924, faisant taire la peur qui étreignait nos cœurs, nous sommes sortis de Hillary, petite ville du Missouri éprouvée et terrorisée, pour aller à la rencontre de notre destin.
   Le groupe se composait de William Bannister, shérif, Joey Gallager, son adjoint, le fermier Nathaniel Jackson, qui amenait ses chiens, le docteur Philemon Jones, mademoiselle Thursday Callaghan, bibliothécaire de la localité, l'agent fédéral Jack Cain, et l'auteur de ce récit, moi même, père Jerry Flanagan, qui, à peine une semaine plus tôt, ignorais jusqu'à l'existence de ce patelin, qui maintenant risquais d'y laisser la peau et d'y laisser les os sous un demi-mètre de terre... en supposant que quelqu'un réussisse à les retrouver.
   Les chiens, déjà nerveux dès notre sortie de l'agglomération, se mirent à aboyer furieusement dès qu'ils furent sur la piste. Dans le champ du vieil O'Brien nous avons trouvé les premières traces. C'était quelque chose de monstrueux, d'indescriptible qui acheva de nous convaincre que la chose que nous poursuivions ne pouvait pas être, n'avait pas le droit d'être de ce monde. De ces traces horribles et informes, parmi l'herbe et les fourrés flétris, s'exhalait une puanteur de pourriture ignoble, infernale. Les chiens avaient les yeux exorbités, l'écume à la gueule. Tirant frénétiquement sur leurs laisses, ils se précipitèrent dans les sillons, nous entraînant derrière eux.
   La vieille ferme, délabrée et abandonnée, des McCormick se dressait sur la colline obscure au bout de la piste, découpant sa sinistre silhouette sur le ciel chargé de lourds nuages et rendu rouge sang par le crépuscule. Ma peau se hérissa, mon cœur se serra comme touché par une griffe fantomatique et démoniaque. Je n'avais plus besoin des chiens pour comprendre que là se trouvait le repaire de la bête, du monstre sacrilège et innommable que nous pourchassions.
   — Il est là ! Là-dessous ! s'écria nerveusement Jackson. Il avait beaucoup de mal pour retenir ses animaux qui aboyaient, bondissaient et s'agitaient comme des fous, les yeux injectés de sang. Doucement, mes jolis ! Doucement, je vous dis, par tous les diables !
 
   La cave des McCormick ouvrait devant nous sa gueule noire, comme les mâchoires d'un monstre de l'enfer qui menaçait de nous dévorer. Le mal, à l'état pur, émanait de ce puits sombre et malodorant, d'une obscurité telle que l'on ne pouvait rien distinguer.
   Mademoiselle Callaghan s'avança, les yeux fermés, essayant de se concentrer malgré la tension nerveuse et les cris des chiens. Brusquement, elle s'arrêta, comme si elle avait heurté un mur invisible et, devenant d'une pâleur de cire, ouvrit démesurément les yeux.
   — Elle est ici, en effet. Je la sens... Elle dort. Non ! Elle se réveille... et... elle sent notre présence ! Elle nous voit ! Elle vient vers nous ! et... et... AAAH !
   Au même instant, les chiens, qui hurlaient épouvantablement, lançaient des aboiements frénétiques, firent demi-tour, arrachèrent les laisses des mains de Jackson et, terrorisés, disparurent en quelques secondes entre les hautes herbes et les buissons qui entouraient la sinistre ferme.
   Le docteur Jones se pencha sur le corps mou et inerte de l'intrépide bibliothécaire, lui prit le pouls, palpa le cou, examina le visage et les yeux, avant de relever son visage blême...
   — Morte ! Elle est morte ! Ça doit être une hémorragie cérébrale. C'est littéralement comme si son cerveau avait soudain éclaté...
   La peur, déchaînée, l'épouvante prirent alors, j'en témoigne, une consistance aussi réelle, aussi palpable que nous-mêmes, que le terrain que nous foulions et que les ruines de pierre et de bois qui se dressaient devant nous. En cet instant, nous étions tous sur le point de prendre nos jambes à nos cous. Je jure par Dieu tout puissant que tout mon être n'aspirait qu'à une seule chose : mettre une distance suffisante entre cette bouche de l'enfer et moi !
   — Il vaut mieux..., murmura le shérif. Il fait déjà nuit... Et... de plus, nous ne sommes pas nombreux. Il vaudrait mieux revenir demain !
   — Oui, c'est ça - s'écria Cain, dont le large visage rubicond avait brusquement pâli et s'était décomposé. Nous amènerons des renforts. J'appellerai les autorités par téléphone ce soir même, et demain matin, dès que le jour se lèvera...
   Joey, Jackson, Cain et moi-même amorcions un demi-tour sans cesser de regarder avec crainte le trou noir qui s'ouvrait sous la maison quand le docteur nous arrêta, rouge de fureur :
   — Lâches ! Imbéciles ! Est-ce que vous ne comprenez pas ? C'est la peur, et rien d'autre qui a tué mademoiselle Callagan ! Si nous partons maintenant, la... chose s'échappera et elle reviendra tuer ! Nous sommes six, bien armés. Il faut descendre et en finir... Maintenant !
   Jones arma son fusil et descendit le premier par cet escalier délabré et grinçant, dissimulant sa peur sous les manifestations de sa colère. Plus que la mort de Callaghan, ce qui le rendait furieux, c'était de voir s'échapper sa proie après avoir passé tant de jours et fait tant d'efforts pour la rechercher et la poursuivre. Les autres, apeurés mais intimidés par les propos du bon docteur, le suivirent. Cain tira sa fiole de whisky de sa poche, en avala une forte rasade, la vida, et, d'un pas incertain, attaqua la descente à son tour. Quant à moi, après avoir donné l'extrême-onction à mademoiselle Callaghan, incapable d'abandonner mes ouailles, tremblant comme une feuille, je les accompagnai.
   

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17/10/02