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Jean-Pierre Planque



Pour un plat de cornigoules
n'est pas inédit. Ce texte a été publié une première fois en 1990 dans le fanzine Planète à Vendre de William Waechter.
Plus tard, il a été traduit en espagnol (par Mónica Barra) et a bénéficié d'une audience plus large sur le Web grâce à la revue en ligne AXXÓN.

 



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Pour un plat de cornigoules vient de paraître dans le n°21 de la revue Marmite & Micro-onde (mai 2008)

M&M n°21



   Ivan traîna le cadavre par les pieds jusqu'à la salle de bains. Elle était lourde, cette salope. Entre quatre-vingt dix et cent kilos. Pourtant, ces derniers temps, elle s'était mise au régime salades. Toutes les salades possibles et imaginables. Elle y jetait tout ce qui lui tombait sous la main : tomates, poivrons, œufs durs, maïs, champignons, moules, crevettes. Enfin, tout sauf des cornigoules... Ivan adorait les cornigoules. Dans les rares instants de liberté qu'elle lui laissait, il ne manquait jamais de se précipiter chez le traiteur du coin.
   La boutique de Monsieur Tong brillait de mille feux : c'est dans ce havre de paix que la Manne céleste déversait toutes les cornigoules de la Création. Pour Ivan. Rien que pour Ivan. Des rondes, des allongées, des dorées. En rouleaux, en beignets, en brochettes, en sorbets, en glaces. Partout-toujours, la Cornigoule régnait et le palais délicat d'Ivan se délectait de ce mets divin, sans retenue, sous l'œil bienveillant de Monsieur Tong.
   « Goûtez celle-là, Monsieur Ivan, il n'en existe pas de meilleure à dix-mille kilomètres à la ronde ! Et celle-ci... Hum ! Goûtez-moi ce délice. C'est un vieux sage de l'époque du grand Confucius qui en a rédigé la recette sur un vieux parchemin. Ah, la Cornigoule était réservée aux seigneurs de l'époque. C'était à qui mobilisait la plus importante cohorte de marmitons, de cuisiniers et de savants botanistes ! On rivalisait d'ingéniosité pour concocter la cornigoule la plus parfaite, la plus rare, de celle qui vous transportait d'un coup de langue au pays de Brahma. Mais vous savez ce que c'est, ô brave Monsieur Ivan, tout se perd. On banalise, on ouvre les cuisines secrètes au bon peuple affamé de connaissance cachée et finalement ça n'a plus rien à voir... Un ventre, ça se cultive, ça s'éduque, oui, c'est plus délicat qu'un cerveau. C'est Tao Tong qui vous le dit ! »
   À cet instant précis, Ivan ne manquait jamais d'admirer le ventre de Monsieur Tong. C'était un ventre rond, de cette rondeur lunaire, ni grasse, ni obscène qui est celle des ventres bien repus. C'était un ventre de Maître es Cornigoule, ni plus, ni moins, un ventre unique, magique, transcendantal, cornigoulesque ! Ivan avait honte du sien si maigre, si terne, si peu visité par la grâce divine...
   « Maître Tong, s'inquiétait-il, comment pourrais-je un jour... »
   Le traiteur émettait alors un petit rire indulgent :
   — N'ayez aucune crainte, Monsieur Ivan, la quantité digérée importe peu. C'est une question de qualité. Retenez bien : toujours la qualité. Le sage préfère le ventre en paix à l'intestin replet. Libérez-vous des sauces, des discours lourds et riches si difficiles à intégrer ; pratiquez l'économie de la saveur et la subtilité du goût. Donnez dans la finesse et la frugalité, cherchez les plats légers, domestiquez et maîtrisez votre appétit. »

   Le petit homme aux yeux bridés partait souvent dans des délires verbaux interminables où il était toujours question d'alchimie gastrique ou d'ésotérisme œsophagien dont il se targuait de connaître tous les arcanes. Il devenait lyrique, s'agitait et faisait de grands gestes, mimant la Quête de la Cornigoule, cette racine mythique que les plus téméraires explorateurs disaient gardée par un redoutable monstre. D'ailleurs, était-ce une racine, un tubercule, une plante ? On se perdait en conjectures, on échafaudait les hypothèses les plus farfelues sur l'origine du Plat des plats, du Nectar des nectars, de la denrée indispensable à la réalisation du mets divin.
   Tao Tong pointait vers Ivan un doigt gigantesque :
   « Vous-vous demandez certainement si vous la verrez un jour. Eh bien, rassurez-vous : vous la rencontrerez bientôt ! »
   Après la profusion des gestes et le flux ininterrompu des paroles, un silence pesant s'installait dans la boutique. Ivan faisait toujours mine de n'en pas croire ses oreilles, laissait passer quelques minutes, puis demandait :
   « Mais qui ? Quand ? Et... où ? »
   Questions auxquelles le Chinois répondait invariablement :
   — Mais, la Cornigoule bien sûr ! Quand vous serez capable de la voir. Ici. Car elle est là. Vous ne la voyez pas car votre œil est fermé, mais chaque plat que je vous sers vous rapproche un peu plus du moment où vous la verrez. Vous la verrez comme je l'ai vue, ici. Son corps diaphane vous apparaîtra tout en grâce et en finesse. Vous serez pris d'une irrésistible envie de vous fondre, de vous dissoudre en elle tant l'unique caresse de sa main sur votre front fera vibrer jusqu'à la mœlle de vos os
   — Mon dieu, mais de quoi parlez-vous ? Serait-ce un esprit, une fée, une déesse ?
   — La Cornigoule n'a pas de nom et elle a tous les noms, pas de visage et nulle forme, mais elle a tous les visages et toutes les formes. Elle apparaît quand vous vous y attendez le moins. Elle vous séduit et vous transforme à jamais. Vous verrez comme vous vous sentirez tout d’un coup libéré d'un immense fardeau, comme tout vous semblera alors facile et distrayant. Vous ouvrirez vous aussi boutique, Monsieur Ivan, et votre unique idéal sera de faire partager votre vision suprême à vos innombrables clients. Elle sera en vous à jamais, frémissante comme une source pure, douce comme le miel, et câline et tendre avec ça ! Bien plus présente que la plus savante des maîtresses. Même qu'elle vous parlera, vous soufflera des recettes magiques pour des mets dont nul ne pourrait soupçonner la richesse. On se bousculera à votre table et vous deviendrez pour moi un concurrent terrible. Mais la ville est si grande, n'est-ce pas ? »
   Ivan s'était laissé bercer par la voix aux accents mélodieux. Il sortait de l'état second dans lequel il baignait pour répondre :
   « C'est vrai, la ville est grande. On ne voit pas le bout des rues. La ville, c'est le monde... »

   Plus tard, Monsieur Tong le secouait doucement :
   « Il faut partir, Monsieur Ivan. Je dois fermer les portes. Il est tard et je crois savoir qu'on vous attend chez vous... »
   Alors, Ivan s'ébrouait, enfilait à la hâte son veston, puis sortait dans la rue. Il ne payait le Chinois qu'une fois par mois pour conforter le sentiment, toutes les autres fois, de se trouver ailleurs que dans un restaurant.

   Allongé contre le corps énorme et si peu distrayant, perdu au milieu des ronflements paisibles de celle qu'il avait secrètement baptisée la femme-jument, Ivan se laissait aller à imaginer sa prochaine visite chez Monsieur Tong. Cette histoire de Cornigoule sentait la légende et Ivan doutait parfois de la santé mentale du petit homme. Pure affabulation ? Manière originale de mettre en valeur ses plats, d'en rehausser l'attrait ? Il en parlait si bien de cette Cornigoule qu'Ivan guettait souvent l'apparition magique, écoutait à l'intérieur de lui-même jusqu'à la migraine, s'inquiétait d'un embonpoint passager qui menaçait de tout compromettre. Il entendait la voix de Monsieur Tong : « Sans vouloir vous commander, Monsieur Ivan, vous avez tendance, depuis quelque temps, à prendre de la brioche. Attention ! N'oubliez pas le But final. Le But final, Monsieur Ivan, c'est vous ! » Devant le bœuf Mironton, le coq en sauce ou les aubergines farcies qu'elle lui servait avec force mimiques et rictus gourmands, il se retenait de partir en courant, prenait son air le plus bonasse pour dire :
   « Hum, chérie, je sens que nous allons nous régaler ! »

   Le corps pesait lourd. Ivan suait à grosses gouttes. Il lui avait fracassé le crâne à coup de chandelier. Ca manquait d'élégance, il en était sincèrement désolé, mais comment faire autrement ? Elle avait résisté, la conne. Elle s'était débattue, et puis elle était forte comme un taureau. Ivan portait sur le visage et sur les mains de longues estafilades qui témoignaient du farouche combat qu'il avait livré contre le Dragon. Il frissonnait encore en évoquant le monstre surgissant dans l'échoppe de Monsieur Tong, pachyderme hystérique bousculant tout pour se frayer un passage vers sa toute petite table. Un grand fracas, un cataclysme, un hurlement qui lui avait glacé le sang, et puis une main s'abattant sur son épaule :
   « Qu'est-ce que tu fous ici ? »
   Ivan fit basculer le corps dans la baignoire puis s'accorda une pause Vodka. À la troisième gorgée sec, on sonna à la porte.
   Monsieur Tong se tenait sur le palier. Un sourire affable éclairait son visage.
   « Je vous dérange peut-être... ? »
   Ivan déglutit un "Non, pas du tout, c'est un plaisir..." puis se perdit dans la contemplation méticuleuse des rainures du parquet. Le petit homme rayonnait et trépignait comme un V.R.P à qui l'on aurait greffé un portable dans la moelle épinière :
   « Je sais ce qui vous importune, Monsieur Ivan. Rassurez-vous, je vais vous aider. »
   À peine Ivan avait-il capté le sens de ces paroles, que le Chinois frappait dans un énorme gong. Une cohorte de cuisiniers aux yeux bridés surgit aussitôt, les bras chargés de plats, de victuailles diverses et d'instruments culinaires de toutes sortes. Ivan les vit entrer chez lui, insectes affairés, portés par un tropisme irrésistible en direction de sa cuisine. L'un d'eux faisait rouler devant lui un objet mystérieux aux reflets nickelés qui évoquait davantage le bloc chirurgical que l'ordinaire rassurant de la restauration.
   « C'est un synthétiseur de ma fabrication... » assura Monsieur Tong comme s'il allait de soi de ne pas s'inquiéter. L'homme se dirigeait vers la salle de bains, aussitôt suivi par un Ivan décomposé.
   « Laissez-les faire, fit Monsieur Tong. Ils connaissent leur métier. (Entraînant Ivan doucement par le bras :) Venez, passons dans le salon. »

   Les serviteurs avaient dressé la table. Ils avaient parfumé l'air, disposé çà et là des chandeliers sculptés, recouvert certains meubles de soieries aux couleurs éclatantes, dressé des paravents ornés d'oiseaux exotiques. Ivan posait le pied dans un autre pays ou dans une autre époque. En quelques minutes, ces diables de petits hommes avaient fait basculer tous les repères sécurisants qu'une vie entière avait patiemment posés. Il se sentit sombrer dans l'effarement. Puis il remarqua les trois couverts.
   C'est alors qu'on sonna de nouveau à la porte.
   Monsieur Tong s'empressa d'aller ouvrir. Le temps d'une pirouette et sa voix cristalline annonçait :
   « Je vous présente ma fille Zu Fo Ping. Son savoir culinaire est sans limite, aucun palais ne résiste à son art. Ses hors-d'œuvres, ses plats, ses desserts... Ah, ses desserts ! Tout le monde en redemande ! »
   La jeune femme ne portait sur sa peau qu'une robe de soie bleu turquoise si légère qu'Ivan pouvait, par transparence, admirer les formes sveltes de son corps. Deux yeux de jade dont le camaïeu des paupières ombrait l'éclat voletèrent jusqu'à lui. Tout devint léger, si léger... Elle ressemblait à la vision, du moins à la description qu'en avait faite Maître Tong et qu'il avait, lui, à peine entrevue. En une seconde, tout fut effacé, lavé, purifié par une source claire. Plus rien n'existait qu'elle. Zu Fo Ping s'illuminait d'un sourire universel et déversait en lui des flots de joie.

   Ivan reprit brutalement conscience de la réalité matérielle. Il était attablé et humait avec délice l'arôme le plus délectable de la Création. Assis face à lui, Monsieur Tong riait de toutes ses dents et semblait de fort bonne humeur :
   « Que dites-vous de cette cornigoule ? »
   Un frôlement parfumé lui fit tourner la tête. Elle se tenait à ses côtés, pleine d'une grâce légère, longs cheveux noirs balayant ses épaules nues. La sérénité vibrait en elle à fleur de peau et se communiquait à lui au plus simple mouvement. Un invisible fil les reliait. Dès lors plus rien n'eut d'importance pour Ivan. Il entendait à peine la voix flûtée du Chinois qui poursuivait son intarissable discours :
   « Elle est bonne, non ? La chair humaine cuisinée avec art a des vertus aphrodisiaques. Ne vous sentez-vous pas libéré d'un énorme fardeau ? »
   Puis, comme savourant une bouchée du mets délicat et ne le quittant pas des yeux :
   « Je comprends votre désappointement. Le rêve, oui, toujours le rêve. Vous-vous raccrochez tous au rêve dans votre occidentale société. Pas nous. Nous n'avons pas de temps à perdre. Comprenez, nous sommes si nombreux... Nous sommes partout, nous tenons tous les restaurants de la ville, toutes les gargotes, les selfs, les auberges, et jusqu'au plus minable King Burger. Nous inondons la ville. Et, la ville, comme vous dites Monsieur Ivan, c'est le monde, une synthèse, un raccourci du monde dont nous sommes les artisans. Nous sommes, depuis des siècles, les alchimistes qui œuvrent en secret pour l'harmonie, la transformation des formes et des corps. Plus de disgrâce ! Nous recyclons les mastodontes égarés dans notre siècle et leur offrons le changement radical qui les terrifiait tant. Nous avons la technologie de pointe qui permet ce genre d'économie.
   Goûtez, Monsieur Ivan, goûtez-la, réjouissez-vous car tout est joie... »

   Ivan se sentait bien, tout coulait en lui. La femme-jument galopait dans ses veines depuis toujours et il se sentait pris d'une irrésistible envie de cuisiner avec elle jusqu'au petit matin. Il se voyait, le geste ample, maniant les épices, tranchant les viandes, humant les légumes et donnant un somptueux banquet à une centaine d'amis tous fins gastronomes. Il entendait les rires truculents et les plaisanteries grasses. Et ça pétait, rotait en cœur, échangeait des sourires égrillards et chantait des chansons à boire. Ivan s'attardait auprès de chaque convive, versant le vin, s'inquiétant de la saveur d'une sauce ou du piquant d'une épice, goûtait avec l'un, testait avec l'autre, ou bien encore s'émerveillait de l'appétit de ces ventres replets, de la voracité de ces mâchoires et de l'avidité des gosiers toujours asséchés. C'est qu'il fallait bouger ! On le sollicitait de partout pour servir, remplir, débarrasser ou essuyer les épanchements d'un estomac rétif. Coincé entre deux joyeux noceurs, Monsieur Tong lui lançait des œillades affolées et poursuivait son monologue :
   « Amusez-vous à reconnaître, dans cette somptueuse palette de saveurs rares, la cuisse lourde, le sein empesé ou le ventre que vous ne pouviez plus conquérir sans faire appel à des fantasmes d'un autre âge... »
   À l'autre bout de la table, un convive se levait, imposait le silence avec des bruits de gorge qui hésitaient entre le barrissement de l'éléphant en rut et le grognement nuancé du porc qu'on égorge. Le teint rouge brique, la chemise ouverte sur une vaste poitrine, les cheveux en bataille, il tanguait tel un navire sur une mer en furie :
   « En vérité, mes amis, en vérité je vous le dis : dans la vie, il n'y a pas que la bouffe (froncement de sourcils). Il n'y a pas que la bouffe, il y a aussi le cul ! »
   Méprisant les rires de son calme olympien, Monsieur Tong agitait une bouchée tentatrice sous les narines d'Ivan :
   « Humez ce nectar, savourez ce délice, et dites-moi si vous reconnaissez celle qui vous tirait malgré vous vers le bas, celle qui vous alourdissait et... Avait-elle lu le Livre des Transformations, le Yi King ? Savait-elle que les hexagrammes préfiguraient, il y a vingt siècles, les programmes d'ordinateurs qui régissent notre univers entropique ? Nous sommes loin devant car nous connaissons les saveurs de demain, celles qui sont déjà nées et gouvernent les palais ; entendez bien : les lieux de pouvoir. Nous offrons des banquets fabuleux aux financiers, aux politiques, aux patrons des médias. Nous sommes partout, Monsieur Ivan. Dans leurs partouzes d'initiés, dans leurs petites magouilles (le ton montait), dans leurs salades et leurs gélules bleu-blanc-rouge qui aident à l'assimilation de leurs discours formatés. Nous sommes partout et mangeons ensemble le soleil ; nous dirigeons leurs rêves, nous avons les moyens de les transformer à leur insu. Nous sommes discrets et efficaces comme le fil du rasoir. Et puis, quel gain de place ! »
   Bien dans sa peau, la femme-Centaure riait, criait haut et fort que tous les discours étaient morts et qu'il fallait empoigner la vie. Ivan la voyait présider au banquet, resplendissante et belle, si belle qu'il en pleurait de joie.
   C'était la femme-Nature, la femme-Racine, celle incarnée dans toutes les joies du corps, des joies légères, si légères qu'elles vous portent d'un coup d'aile vers la grâce de l'esprit. La voilà bien, ma Cornigoule, se dit Ivan, elle nous porte tous dans ses bras comme des enfants. Tranquille, sans questionnement, elle témoigne que rien n'a changé vraiment. Elle est partout.
   Il la vit trinquer avec le plus saoul, l'entendit rire aux plaisanteries les plus éculées, la vit encore frémir d'aise sous les caresses d'une main trop curieuse à son goût. Que faire contre la vie qui coule quand elle coule partout ? Dans la lueur des chandelles, la peau safranée de Tong s'animait de pulsations moirées. Elle était là aussi qui lui parlait, usant de l'humour décapant qui l'ulcérait toujours :
   « Une petite fricassée de Chinois, qu'est-ce que t'en dis, mon Roudoudou ? »
   Elle le ramenait toujours dans la réalité.

   Zu Fo Ping posa doucement sa main dans celle d'Ivan et murmura :
   « Je crois que Monsieur Ivan et moi avons envie d'être un peu seuls, papa. J'ai tant de bonnes choses à lui confier, tant de recettes magiques à lui transmettre... »
   Sourire d'enfant, voix enjôleuse, épaule offerte, bracelets nickelés, robe fendue. La Cornigoule effleura le cou d'Ivan :
   — Où donc est votre chambre ? » demanda-t-elle.

   Aujourd'hui, nul ne peut dire si Ivan Rogoff fut condamné pour triple meurtre, s'il fut guillotiné, ou s'il finit ses jours comme cuisinier dans un hôpital psychiatrique à préparer ce qu'il appelle des cornigoules. En tout cas, que nul n'en doute : il gambade à jamais dans les vertes prairies de Brahma. Si vous le rencontrez en rêve, téléphonez-moi, on se fera une petite bouffe !


FIN


© Jean-Pierre Planque. Reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur.

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15/03/08