Après L'homme
à queue de cochon, voici une autre des
ces lettres aux amis écrite en une soirée et
revue le lendemain...C'était en 2003. Plus tard, j'ai eu envie
de regrouper toutes ces lettres en recueil...
Sandrina
entra dans la chambre. Elle portait un string à peine
plus léger que le vol d'un colibri. Quand je me suis
approché d'aile, la case tout entière s'est mise
à vibrer. Tremblement de magnitude 5 sur l'échelle
de Grande Terre. Quant à ma propre échelle, un
rapide attouchement me permit de l'évaluer à 17,
peut-être 18 !
L'oiseau
fabuleux criait pour sortir et voler dans l'abîme infini.
Je
l'ai libéré des cuisses et des fesses de Sandrina
qui m'apparurent alors dans la clarté cendrée
de l'astre nocturne. La vie anima aussitôt les caresses
de mes mains, mes lèvres étanchèrent leur
soif au plus intime de son sillon secret qui tantôt s'offrait,
tantôt se refusait par jeu. J'étais comme un explorateur
découvrant les saveurs violettes et les parfums rosés
d'un monde interdit au commun des mortels. Contre ma langue
aventureuse pulsait sa vie, elle-même avide de mon désir.
—
Prends-moi, baise-moi toute, me dit elle. Défonce ma
belle cocotte ! »
Nous
nous sommes aimés comme jamais deux amoureux n'oseront
jamais l'imaginer au plus fort de leur passion. Ses lèvres
me pénétraient tout entier et son experte langue
embrassait tout mon gland d'une étreinte infinie. Elle
fêtait en elle ma verge gonflée d'amour et sur
le point, à chaque mouvement, de libérer l'étreinte
qui nous tenait au bord de la folie.
Étais-je
devenu fou ? Avais-je enfin rompu les rets de la raison ? J'étais
entré au paradis et nos caresses nous rapprochaient du
pire : nous étions sur le point d'aborder ensemble une
contrée sans retour, de ne plus jamais revenir dans nos
corps, nos petits corps meurtris et fatigués qui nous
avaient pourtant menés jusque-là. Un instant merveilleux
et incommensurable.
Dois-je
vous le dire ? J'étais entré dans son sourire
et dans ses mains. J'étais en elle et elle était
entrée en moi. La nuit vibrait autour de nous. Nous ne
formions plus qu'un corps sur le point d'exploser, de se fondre
dans le monde et la vie. Aucune parole, aucune pensée.
Il n'y avait plus que le lent balancement de nos cuisses enlacées
qui nous menait vers notre fin.
J'ai
vu l'oiseau heurter la vitre et son corps meurtri s'auréoler
de rouge. Le colibri a plané autour du corps de Sandrina
pour retrouver la douceur de son nid.
Mais
que pouvions-nous faire pour rester avec lui ? Nous étions
hors d'atteinte. Nous étions à nouveau attachés
à nos corps. Nous avions joui...
Pauvre
petit colibri, te voilà SDF. Quel jardin parfumé
choisiras-tu demain ? J'en connais quelques uns à
la lisière de talentueux vallons. Si tu les veux, je
te les deale, mais attention ! C'est toi qui écriras
l'histoire avec ton bec dans le rouge de mon sang.