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Rencontre avec Jean-Pierre Andrevon
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- C'est lui ! Il est sur son balcon,
tranquille comme Baptiste. Putain... je suis impressionné.
Qu'est-ce que je vais bien trouver à lui demander
? Ah, oui, Grenoble...
- « JPA, tu n'as jamais eu envie de vivre ailleurs
qu'à Grenoble ? Pourquoi ?
- – Qu'est-ce que j'en sais ? J'y suis né,
j'y suis resté, n'ayant pas eu d'autre alternative
plus gouleyante ( que je n'ai pas cherchée d'ailleurs
). Je suis un être extraordinairement passif. J'ajoute
que je vis depuis maintenant depuis 36 ans dans une grande
et vieille maison délabrée, à dix
minutes du centre ville, mais dans la nature néanmoins,
à flanc de colline ( je t'enverrai des photos si
tu veux ). Mon seul souci est qu'un jour où l'autre,
à la mort de la proprio, vieille, elle risque d'être
vendue, alors je ne sais pas ce que je ferai. Paris ou
la Guadeloupe ? »
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- « Heu... T'as combien de chats, là
? J'en compte cinq. Sont-ce tes chats ou des chats de
passage ? Tu aimes les chats, JPA ? C'est vrai que le
chat est souvent le compagnon de l'écrivain...
- – Ce sont bien les miens. Hélas, la
Minette rayée, Moustique, est morte en octobre
dernier, un an déjà, et je n'en ai plus
que 4. On m'a donné mon premier chat alors que
j'avais 5 ou 6 ans. Depuis, j'en ai presque toujours eu.
C'est un compagnon indispensable. Toute la grâce
et la liberté du monde. Et la discrétion.
Et puis l'amour ne s'explique pas. Si je devais m'exiler
sur une île déserte et que je doive choisir
entre une femme ( ou plusieurs) et un chat ( ou plusieurs),
j'hésiterais... Mais j'aime le monde animal dans
son entier, bien sûr. »
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Ca y est
! Il nous la joue, avec ses airs de grand séducteur...
C'est vrai qu'il est pas mal. Il ressemble à Léo
Ferré. Serait-il devenu anar ?
« Tu dois être redoutable avec les
femmes. Tu me fais penser à Léo Ferré.
Aimes-tu Léo ? Aimes-tu Léotard ? Ou aimes-tu
Léo, tard ?
– Ce sont les femmes qui sont redoutables avec moi.
J'ai beaucoup aimé, beaucoup pleuré aussi.
Tête ou pas tête, tes références
ne sont pas vraiment les miennes. Je ne suis ni un fêtard,
ni un nocturne, ni un buveur. Plutôt un ours, un
loup, oui, un écorché, un râleur.
Je préfère Jacques Brel. »
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Il
est dans son salon, Andrevon... Et il bosse.
« Tu fais quoi ? On dirait une immense BD...
– C'est une grande toile faisant partie d'une exposition
en plein air ayant eu lieu cet été dans
le parc du château de Vizille ( le plus beau de
la région, sur lequel j'avais fait mon diplôme
de sortie des Beaux Arts ). J'ai peint ledit château
à la manière d'un fragment de bande dessinée
style ligne claire. »
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- « JPA, tu lèves les bras
au ciel. On dirait que tu as réussi ton coup !
Et cette nana, à gauche, c'est qui ? Tu pourrais
pas me la présenter ?
- – C'est ma fille, tout simplement : Fabienne.
- – Oups... Si on passait à l'interview sérieuse ?
- – Ben dis-donc, qu'est-ce que ça va être
! On m'envoie ( Nicot dixit ) mes exemplaires du GALAXIES-Andrevon
demain. Il y aussi une interview. Ça commence à
virer au culte de la personnalité, tout ça.
Ma modestie proverbiale va en pâtir... »
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