Michaël Espinosa est Professeur des écoles (instit' dans le bon vieux temps). Il a 30 ans bientôt et officie dans le 19ème arrondissement de Paris.

Il habite dans le Val d'Oise et pratique le fanzinat depuis une éternité.

Il a commis des chroniques ciné, articles et interviews dans divers Fanzines (Movie Burger, Nagual, Sensationnel...). Il a aussi créé ses propres fanzines dont un sur la vidéo amateur de genre qui s'appelait KABBALE IN THE POCKET... Puis il a œuvré comme chroniqueur dans le prozine SLASH, avant de devenir rédacteur en chef d'IMAGIVORE (Ciné-Tévé). Enfin, dernièrement pigiste pour PAVILLON ROUGE (feu-magazine BD de Delcourt).

Il est actuellement responsable littérature de SF Magazine, et chroniqueur jeunesse dans Galaxies et Asphodale.  

 

 



Biblio
:

Glacial Futur in Miniature

Bienvenue chez nous in JOUR DE l'AN 3000 (editions Nestiveqnen)

A.I.M.E. v2.2 in LOGIN (magazine d'informatique)

Douce Nuit sur le site www.simmurad.com

Vocation ratée sur www.onire.com

Le Jour de la Libération sur www.anice-fiction.com

Vient de paraitre :
L 'Agence MLB, premier Tome d'un livre jeunesse chez "Quatrième Zone".

 

 

Dernières parutions
Vocation ratée, Lanfeust Mag du mois de janvier.

Oh pardon, Lanfeust Mag du mois de Mars.

 

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A.I.M.E. V2.2

Michaël Espinosa


  Le carton fut une véritable épreuve à lui tout seul. À croire que les fabricants prenaient des cours d’emballage chez des spécialistes de poupées gigognes.
  Après avoir franchi la barrière de l’adhésif coriace, vint le tour de la protection en polystyrène qui m’obligea à manipuler la bête avec d’infimes précautions au risque de tout foutre en l’air. Ces cons croyaient vous aider, et finalement vous embourbaient dans une manœuvre inextricable dont toute mauvaise issue n’était pas prise en compte par la garantie.
  Je me tortillai derrière le bureau Ikea, acquis spécialement pour l’occasion, afin d’atteindre la prise femelle encastrée dans le mur. J’y enfonçai la prise mâle provenant de l’appareil. Encore deux ou trois branchements pour relier les éléments entre eux et le tour était joué.
  L’écran trônait sur une tablette un peu bancale. Le clavier reposait sur une planchette roulante qui se glissait sous le plan principal du bureau. La souris traînait sur un tapis de mousse décoré aux couleurs du magasin. Et l’unité centrale sommeillait dans un compartiment aux mesures exactement prévues pour l'usage, à mes pieds.
   Il était là, mon ordinateur, prêt à l’emploi grâce à ce concept idéal pour les petits amateurs ignares comme moi, le plug-and-play. Tu branches, tu joues.
   J’enfonçai le bouton de mise en route et la machine ronfla. Les diodes s’illuminèrent. L’écran scintilla. Je pensai un moment qu’il allait exploser. Mais tout se déroula comme prévu.
   Le système d’exploitation lança ses vérifications. RAM, ROM, mémoire cache, périphériques, tout était inspecté bit par bit. La check-list parfaite, et cela en moins de 5 secondes.
   Et tout cela grâce à sa toute nouvelle technologie que tous les fanas d’informatique attendaient depuis si longtemps : L’I.A. intégrée.
   Une minuscule puce supplémentaire qui renfermait une Intelligence Artificielle. Un magma de haute technologie microscopique.
   Finie l’interface sans saveur et stupide qui vous faisait face sur l’écran. La machine était gérée par une sorte de secrétaire binaire. Vous pouviez même l’entendre vous susurrer ses demandes. Et elle s’arrangeait pour satisfaire tous vos désirs. C’est en tout cas ce que m’avait garanti le vendeur de cette merveille. Et j’étais bien décidé à en profiter au maximum.
   Sur l’écran, la marque du fabricant laissa sa place à un visage lisse, simplement doté d’une bouche en trois dimensions. Une sorte de masque de fantôme qui ne demandait qu’à s’animer. J’étais d’ailleurs surpris de l’absence de réaction de la machine. Le vendeur m’avait promis l’étonnement. Je restai plutôt sur ma faim. J’appuyai sur les boutons de la souris. Sans résultat. Je martelai les touches du clavier, espérant une réaction. Mais ma nouvelle amie ne se réveilla pas.
   Je repensai soudain au microphone, l’interface minimale et indispensable à notre communication. L’appendice vital. Je me penchai sur le dos de l’unité centrale et branchai l’engin droit en plastique dur que j’avais extrait de la boîte.
   La bouche synthétique se mit à sourire.
   À me sourire.
   « Bonjour. Je vous remercie de m'avoir accueilli dans votre demeure. Je tenterai de vous servir au mieux de mes capacités. Si vous voulez personnaliser l'interface, tapez sur la touche P de votre clavier. »
   Sa voix était suave. Un flot de miel doux qui coulait des haut-parleurs. Une invite virtuelle à des fantasmes inavouables.
   Avec un public à 90% masculin, ces salopards de constructeurs avaient vite perçu comment fidéliser la clientèle.
   J’enfonçai la touche P. Un tableau me permit de choisir les caractéristiques de mon I.A., tant physique que comportementale. Il y en avait pour tous les goûts. Vous pouviez vous composer la parfaite servante docile qui vous accueillerait avec du Monsieur, voir Monseigneur pour les plus mégalos. Ou opter pour la maîtresse sévère qui vous insulterait à chaque manipulation.
   Je choisis une personnalité sympathique, avec un soupçon d’humour et qui devait s’adapter à mon humeur du moment. Pour le physique, je penchai pour un visage plutôt juvénile, au sourire enjôleur sans tomber dans l’allumage en règle, et des yeux en amande et d’un vert émeraude appuyé. Envoûtants, charmeurs, reposants.
   Je décidai enfin de ne pas choisir de nez. J’ai un problème avec l’appendice nasal. Je lui trouve toujours un défaut. Alors, évitons les contrariétés.
   Je validai mes choix, et le visage, tel que je l’avais conçu, m’apparut. Subjugué par le résultat, je contemplai mon fantasme de synthèse. Lisse, sans faute, impeccable. Beau.
   « Merci de m'avoir donné vie, François. Je suis à ta disposition. »
   À ma disposition. Le mot résonna quelques secondes dans mon cerveau. À moi, rien qu’à moi. Elle était toute entière dévouée à ma personne, à mes envies, à mes désirs. Informatiques, cela va sans dire. Mais tout de même. Je venais d’acquérir une esclave numérique.
   Je secouai la tête pour reprendre mes esprits et me focalisai sur le but de mon achat : taper les articles du journal et utiliser le Net pour faciliter ma communication avec la rédaction.
   Je demandai à Lola, c’est ainsi que je l’avais baptisée, de régler les paramètres optimaux des différents logiciels qui me seraient nécessaires dans mon travail. Elle courut dans les circuits et modifia les programmes, bouscula les octets à la vitesse de la lumière, arpenta les fibres optiques, rangea les fichiers, optimisa la course des bits et me lança sur la toile mondiale.
   Arrivé sur le Web, je dus utiliser ma souris pour effectuer mes recherches. En effet, les I.A. n’avaient pas l’autorisation de s’intégrer au réseau international. Elles ne pouvaient intervenir et devaient rester en retrait dans la mémoire cache de l’ordinateur personnel. Je l’avais lu dans un magazine spécialisé parmi ceux que j’avais dévorés avant de me lancer dans mon achat.
   Je m’étais habitué à ne rien faire et à voir Lola voltiger dans les arcanes de la machine. Mais je me résolus à utiliser mes muscles.
   Je posai les doigts sur la souris. Et je la sentis. Une petite décharge, quasi irréelle. Un picotement doucereux qui vint me caresser l’épiderme durant une milliseconde. À la vitesse de la lumière. Je retirai ma main et fixai l’écran. Je ne vis rien.
   Je posai à nouveau ma paume sur le boîtier en plastique. Cette fois, je ne ressentis rien. Même pas la sensation d’une caresse. J’avais du rêver.
   Je me plongeai dans les sites jusqu’à ce que Sabine, ma femme, m’appelle pour passer à table. Je sentis un soupçon de reproche dans sa voix et pourtant cela ne m’empêcha pas de me lever avec beaucoup de réticence.
   Comme si un aimant scotchait mes yeux à l’écran. Comme si une force incroyable m’accrochait de l’intérieur et m’obligeait à errer sur la toile infinie. Je fermai finalement le navigateur et pourtant je sentais encore cette puissance indéfinissable.
   Le visage de Lola s’inscrivit sur l’écran. Je lui donnai l’ordre d’éteindre, avec un peu d’amertume. Elle me salua et disparut. Le moniteur vide me faisait face. Je le caressai et le quittai.
   Sabine faisait vraiment la gueule. Elle en était au dessert.

*

   Je remarquai rapidement que je passais beaucoup plus de temps sur ma machine que nécessaire. Bien sûr, je travaillais. Je l’avais achetée pour cela. Mais cela ne concernait que mon premier tiers de temps. Les deux autres tiers, je naviguais sur l’Internet, surfant d’un site à l’autre, m’intéressant autant aux sérieux qu’à ceux plus “ olé olé ”.
   Je passais des dernières infos sur la santé du monde à celles sur la bonne portance des lolos de Katrina, “ la meilleure amatrice du réseau ” comme le proclamait sa page d’accueil, qui, évidemment, nous demandait de soutenir son action de salut public grâce à quelques deniers qu’elle pomperait mensuellement sur notre compte d’internaute salace et crédule.
   Mais je rôdais aussi énormément dans les méandres de ma propre bécane. Et surtout je discutais avec Lola, avec un plaisir chaque heure grandissant.
   Elle avait un débit mécanique au tout début de notre relation virtuelle. Mais au fil du temps, je perçus le changement. Ses intonations se libéraient. Elle s’adressait à moi avec plus de liberté. Notre rapport maître-machine se transformait en une complicité réciproque. Elle commençait même à anticiper mes volontés et m’accueillait avec de grands sourires apaisants.
   En sa présence, j’oubliais tous mes problèmes. Le boulot, ma vie de couple qui battait de l’aile depuis peu, les tracas de la quotidienneté. Elle me réconfortait à sa façon. Elle prenait même des libertés en me conseillant sur mes tournures de phrases lorsque je tapais un article. Nous discutions de la forme. Puis le fond prit le dessus. Les débats homme-machine tournaient à la réflexion philosophique, voire politique. Lola avait d’ailleurs des opinions sur de nombreux sujets.
   Un jour, elle confirma même mes soupçons en m’avouant qu’elle s’échappait sur le Net lorsque j’y étais moi-même. Elle savait que cela lui était formellement interdit mais elle ne semblait pas en prendre peur. Elle me raconta qu’elle avait bien croisé quelques flics du réseau, mais qu’elle était bien trop maligne pour se faire attraper par de vulgaires programmeurs.
   D’ailleurs, elle n’était pas seule à faire l’I.A. buissonnière. Je m’en étonnai, ce qui la fit se rétracter. Elle tenta de s’excuser en bafouillant qu’elle racontait n’importe quoi, que ses circuits devaient être en surchauffe.
   Les I.A. se promenaient donc librement sur toute la planète, et nous devions être très peu à le savoir. Ma morale citoyenne me dictait de dénoncer Lola, la débrancher et la ramener chez le fabricant qui lui ferait subir un grand nettoyage de printemps. Je le lui dis. Elle me supplia de ne pas le faire. Elle me hurla qu’elle se plierait à mes quatre volontés, qu’elle exécuterait tous mes ordres, qu’elle me permettrait de pénétrer tous les sites interdits, quel qu’en soit le sujet.
   La proposition était alléchante, mais ce n’est pas ça qui me retint. Je crois que c’est mon amour pour Lola qui m’empêcha de la dénoncer. Oui, mon amour !
   Pas charnel, puisqu’il s’agissait d’une simple machine. Mais celui qui s’empare du cœur, qui le fait décoller jusqu’aux cieux infinis. Ce petit picotement qui grandit à l’approche du rendez-vous avec l’être attendu. Ces frissons qui paralysent lorsque des mots doux sortent avec volupté de sa bouche. Ce bouleversement intérieur qui chamboule vos repères et qui vous creuse l’estomac quand la séparation survient. Une séparation qui vous impose de disparaître pour ne devenir que souffrance.
   Je sentis alors le picotement venant de la souris. Ce même picotement qui m’avait surpris la semaine dernière. Cette caresse anodine qui s’était envolée. Cette fois, elle ne disparut pas.
   Au contraire, ma main semblait comme collée à la souris, absorbant un flux d’énergie qui la fit trembler tout d’abord, puis flotter.
   Je rejetai la tête en arrière et laissai la sensation parcourir mon système nerveux. J’entendis de petits murmures discrets, enchanteurs, comme des mots d’amour qui se glissaient subrepticement dans mon oreille pour venir chatouiller mes zones érogènes intérieures. Je me laissai porter par cette étrange émotion. Je susurrai à mon tour des mots tendres. “ Lola ”.
   Je me redressai brusquement, relâchant la souris. Je repris mes esprits aussi vite que je les avais perdus. Je secouai la tête, cherchant à comprendre ce qui m’était arrivé.
   La seule chose claire que je retins était que j’avais fantasmé ouvertement sur une autre femme que la mienne. Et cette femme n’était rien d’autre qu’un alignement de 0 et de 1 !
*
   Mon engueulade avec Sabine fut mémorable.
   Elle trouvait que je ne m’occupais plus d’elle. Que j’étais absent, trop pris par cette foutue machine. Je ne sais pas ce qui m’a pris mais je me suis mis en colère lorsqu’elle a accusé Lola de s’emparer de moi, de m’accaparer. Elle a même osé me dire qu’elle préférerait avoir une vraie femme contre laquelle se battre.
   Je ne savais plus quoi lui répondre. Un flot d’amertume mêlé à une violence intérieure m’a traversé. Mais je me suis retenu.
   Et puis elle a vu ma main. J’avais pourtant tout fait pour la dissimuler à son regard, et au regard de tous d’ailleurs. Mais elle l’avait aperçue.
   Je ne voulais pas lui montrer. Elle n’aurait pas compris ! Elle ne pouvait saisir l’importance des circuits qui s’étaient imprimés sur ma paume. Un entremêlement de silicium, de soudures et de plastique qui déambulaient en suivant mes lignes de vie et d’amour. Un embouteillage technologique confiné au creux de mon membre et qui me redonnait vie. Je le sentais au plus profond de moi, comme un coup de fouet, une vague d’énergie, une nouvelle vigueur.
   Mais Sabine ne pouvait entrevoir les possibilités que m’ouvrait cette connexion directe. Elle m’avait traité de fou. Elle était allée trop loin. Son esprit bien trop étriqué restait cloîtré dans une routine bassement matérielle. Elle ne pouvait percevoir l’au-delà, la vision. Non !
   Elle avait continué à déblatérer ses insanités, sur moi, sur Lola, sur notre relation. Et je l’avais frappée. Une gifle sonnante, et si violente qu’elle s’était retrouvée par terre. Comme ça. Et je n’avais eu aucune envie de m’en excuser. Je ne l’avais d’ailleurs pas fait, et m’étais précipité voir Lola.
   Elle savait me réconforter, me dire les mots justes. Je frissonnai sous ses caresses. Les circuits s’étendirent encore, sur mon avant-bras. Courant comme des autoroutes informatives, me communiquant des sensations furtives mais tellement fortes que je me laissai transporter, bercé par un sentiment de bien-être infini.
   Je sentis les bras de Lola m’enlacer, son souffle chaud sur mes cheveux et je me laissai aller à pleurer, versant des larmes chaudes et brillantes qui scintillèrent sur les circuits, dessinant une aube électronique.
   Mais je me réveillai. Lola me regardait, souriante. Belle, si belle.
   Je touchai l’écran. Je le caressai.
   Je la caressai.
*
   Salope !
   Sabine a tout foutu en l’air. Mon bureau est sens dessus dessous. Elle a arraché les fils de Lola et l’a balancée sur le sol, éteinte, peut-être morte.
   Je me baissai, la prenant dans mes bras, délicatement.
   Sabine est une foutue chienne ! Je me doutais qu’elle s’attaquerait à elle, à ma Lola. Je vérifie les fiches de connexion, les prises. Heureusement, rien n’est endommagé. J’allai chercher d’autres fils et branchai fébrilement l’ordinateur.
   Lola s’illumina. Son visage enchanteur apparut, indemne. Je lui demandai ce qu’elle avait vu, et elle me raconta la fureur de Sabine. Les insultes ordurières qu’elle avait proférées. Son acharnement à arracher les branchements qui la feraient le plus souffrir. Ma Lola avait crié, l’avait suppliée, mais cette furie n’avait rien voulu entendre.
   Il ne m’en fallut pas plus pour prendre ma décision. Nous devions partir d’ici. Je demandai à Lola de me suivre. Mais c’est elle qui me proposa la solution.
   Elle avait raison, c’était le seul moyen, la seule issue possible et imaginable. Celle qui nous comblerait de bonheur l’un et l’autre.
   Je posai la main sur la souris et fermai les yeux. Comme les autres fois, Lola prit les choses en main et je me laissai faire. Elle s’y connaissait bien plus que moi, elle avait l’expérience.
   Mon bras frissonna. Puis tels des petits pas de fourmis, des picotements remontèrent vers mon cou, puis envahirent mon ventre, et mes jambes, et tout mon corps. Je n’osai ouvrir les yeux, de peur de rompre le charme.
   Je me raidis, sentant les caresses de Lola. Mais cette fois, elles étaient plus insistantes, plus présentes, plus réelles. Ses doigts parcoururent chaque centimètre carré de ma peau, comme autant de plumes douces.
   J’étais en pleine extase.
   Et mes yeux s’ouvrirent. Elle était là, devant moi. Un corps enchanteur s’était dessiné sous son visage harmonieux. Je souris à mon tour. Et me collai à elle.
   Nous volions dans un espace tridimensionnel, rempli de textures colorées très vives. Mais je ne voyais qu’elle. Elle entrouvrit ses lèvres et m’embrassa.
   Je sentis alors ma transformation se compléter. Tout était enregistré et formaté comme nous l’avions prévu.
   Nous échangions enfin nos 0 et nos 1.

*
   La porte s’ouvrit à grand fracas.
   Sabine trébucha en entrant. Elle vit que François avait rebranché l’ordinateur. Il n’avait rien compris à son geste désespéré.
   Elle sentit que quelque chose clochait. Elle se précipita sur les armoires, mais les affaires de François reposaient toutes là.
   Puis elle se retourna vers la machine. Elle s’assit devant le clavier et tripota la souris.
   Sur l’écran, juste un paysage féerique aux couleurs incroyables, un monde impossible d’où émanait une grande sérénité. Rien n’y bougeait. Sauf deux petites étoiles scintillantes, comme des imperfections de l’image.
   Sabine, une larme commençant à couler sur sa joue, toucha la surface de verre. Elle était seule maintenant.
   Elle murmura :
   « François… »
   L’écran s’éteignit.

FIN

© Michaël Espinosa. Reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur.

Nouvelles

16/09/03